Ce lundi 22 juin, le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a accueilli à Niamey la délégation du comité national d’experts de retour des négociations menées à Cotonou. Après deux jours intenses de discussions, cette seconde session visait à trouver une issue à la fermeture de la frontière commune, effective depuis 2023.
La rencontre avec le chef du gouvernement marque une étape clé dans un processus délicat de normalisation des relations entre Niamey et Cotonou. Conduite par le général Mohamed Toumba, ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, la délégation nigérienne a présenté un compte-rendu détaillé des avancées et des positions fermes de son pays.
Au cœur des échanges : la sécurité. Niamey insiste sur des garanties solides avant toute levée des restrictions aux échanges. Parmi les exigences jugées incontournables figurent la signature d’accords de défense et de sécurité interdisant formellement l’utilisation du territoire de l’un contre l’autre. Les autorités nigériennes réclament également une transparence complète sur les présences militaires étrangères près de la frontière, ainsi que la création d’une cellule bilatérale de renseignement pour mieux lutter contre le terrorisme et les trafics transfrontaliers.
Du côté béninois, les discussions ont été qualifiées de constructives. Les deux capitales avancent ainsi vers la signature de trois accords destinés à rétablir la confiance mutuelle et relancer une coopération bilatérale longtemps mise à mal.
Cette dynamique reflète une volonté partagée de tourner la page tout en tenant compte des réalités sécuritaires régionales. Si les conditions nigériennes sont acceptées, la réouverture de la frontière pourrait redynamiser les échanges économiques vitaux pour les communautés riveraines.
Pour rappel, la frontière nigéro-béninoise a été fermée fin juillet 2023, suite au coup d’État au Niger et aux sanctions de la CEDEAO. Cette fermeture prolongée a gravement perturbé les échanges commerciaux, paralysé les activités des transporteurs et commerçants, augmenté les prix des denrées alimentaires et accru les coûts logistiques. Les populations frontalières des deux pays souffrent d’une forte baisse de revenus, de difficultés d’accès aux produits essentiels et d’une séparation des familles, affectant durablement leurs moyens de subsistance.




















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