Le Gabon a franchi un cap historique en laissant expirer son accord de pêche avec l’Union européenne. Ce partenariat, en vigueur depuis 2007, n’a pas été renouvelé à son expiration le 28 juin dernier. Pour Libreville, l’heure n’est plus aux compromis : les flottes européennes doivent quitter les eaux nationales.
Cette décision radicale s’explique par un constat amer. Malgré les licences payées, l’essentiel de la valeur du thon capturé profitait à des armateurs étrangers qui transformaient et vendaient leur pêche loin des côtes gabonaises. Peu d’emplois locaux, une transformation quasi inexistante : le bilan apparaissait déséquilibré aux yeux du gouvernement de transition.
Désormais, le pays veut transformer son « or bleu » sur place. L’ambition est de bâtir une véritable industrie thonière nationale, créatrice d’emplois et de richesse. En misant sur la valorisation locale, le Gabon espère capter une part beaucoup plus importante de la chaîne de valeur.
Ce choix courageux n’est pas sans risques. Il faudra moderniser les infrastructures, attirer des investisseurs et garantir une pêche durable. Mais le message est clair : l’exploitation des ressources marines doit avant tout bénéficier aux populations locales.
Dans un continent qui revendique de plus en plus sa souveraineté économique, le Gabon pose un acte concret. Reste à transformer cette volonté politique en succès industriel tangible.




















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