Gisement de Kafra : le pétrole comme scène diplomatique entre Niamey et Alger

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Le 13 août 2026, Ali Mahaman Lamine Zeine, Premier ministre nigérien et son homologue algérien Sifi Ghrieb, se sont retrouvés à 85 kilomètres de la frontière commune pour lancer officiellement le forage de « Kafra Sud-Est 1 », premier chantier pétrolier mené par une entreprise algérienne dans le Nord du Niger.

L’opérateur ENAFOR, filiale de SONATRACH, dédiée aux services de forage, vise 3 900 mètres de profondeur. Le site s’inscrit dans le bloc de Kafra, où deux gisements avaient déjà été identifiés lors de campagnes antérieures, notamment KFR-1 qui a révélé en 2018 des réservoirs d’huile lourde évalués à 168 millions de barils, et KFRN-1, crédité de 100 millions de barils récupérables.

Les autorités avancent un total arrondi à 260 millions de barils pour l’ensemble du bloc, un chiffre qui ne colle pas exactement à l’addition des deux puits, sans qu’aucune source ne précise pourquoi.

Au-delà du cérémonial qui entoure ce lancement, il faut y voir la mise en œuvre d’un agenda politique et diplomatique. La reprise du chantier intervient quelques mois après la visite du Chef de l’Etat nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani à Alger, en février 2026, ainsi que les navettes ministérielles qui se sont succédé entre les deux capitales. Un signe de rapprochement dans lequel la relance du projet de gazoduc transsaharien (Nigéria-Niger-Algérie) occupe une place de choix.

Pour Alger, Kafra sert de vitrine à l’export du savoir-faire de SONATRACH. Pour Niamey, coupé de la mer et en quête de recettes, c’est le récit d’une souveraineté énergétique qui s’écrit pour l’instant et qui sera marqué par un transfert de technologie, une formation de cadres nigériens ainsi que des retombées budgétaires. Aucun de ces engagements n’est encore chiffré publiquement.

Quatre jours avant la cérémonie d’Arlit, un autre convoi avait déjà traversé la même frontière. Le 9 août 2026, deux hélicoptères d’attaque Mi-24V et deux Mi-171 décollaient de la base algérienne d’In Guezzam pour se poser à Niamey. C’est un don du ministère algérien de la Défense, annoncé sans lien affiché avec le dossier pétrolier.

Les deux annonces relèvent à première vue d’agendas distincts, portés par des ministères différents des deux pays. Mais le rapprochement des dates s’inscrit dans une même séquence, amorcée par la visite du Général Tiani à Alger en février 2026.

Deux inconnues demeurent pour l’instant : les termes financiers exacts du contrat de partage de production et le régime de sécurisation d’un chantier à moins de cent kilomètres d’une frontière confrontée aux activités de plusieurs forces centrifuges.

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