Le coût amer de la xénophobie en Afrique du Sud

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La xénophobie en Afrique du Sud n’est pas seulement une tragédie humaine. C’est aussi un frein économique majeur qui ralentit presque tous les secteurs d’une économie déjà fragile.

Les migrants représentent environ 5 à 6,5 % de la population, mais contribuent près de 9 % au PIB, selon des estimations de l’OCDE et de l’OIT. Chaque travailleur immigré génère en moyenne deux emplois pour les Sud-Africains, notamment via les petites entreprises informelles, les spaza shops et les réseaux d’approvisionnement locaux.

Lorsque ces commerces sont pillés ou fermés sous la pression des violences, les conséquences se répercutent loin : les propriétaires sud-africains perdent des locataires, les salariés locaux se retrouvent au chômage, les grossistes voient leur clientèle s’évaporer et les consommateurs, surtout les plus pauvres, paient plus cher pour des produits de première nécessité.

Les vagues de 2026 l’ont encore illustré. Des milliers de migrants ont quitté le pays par peur. Des magasins ont fermé, parfois à plus de 90 % dans certains quartiers. Le chiffre d’affaires de commerçants a chuté de 30 % en un mois. Dans le bâtiment, l’agriculture, la logistique et le commerce de détail, des pénuries de main-d’œuvre menacent déjà. Une sortie massive des étrangers pourrait coûter jusqu’à 43 milliards de dollars de PIB, selon des projections basées sur les données existantes.

Au-delà des pertes immédiates, la xénophobie érode la confiance des investisseurs, dégrade l’image du pays et fragilise les relations commerciales régionales. Le tourisme et les investissements étrangers souffrent d’un climat d’instabilité. Pendant ce temps, le chômage officiel dépasse 32 % et le chômage élargi 40 %, des maux structurels liés à la faible croissance, à la corruption et aux défaillances de gouvernance, non à la présence des migrants.

Attaquer ceux qui créent de l’activité au lieu de s’attaquer aux vraies causes de la crise économique est contre-productif. L’Afrique du Sud a besoin d’investissement, d’emplois et de stabilité. La xénophobie, elle, détruit tout cela.

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