Niger/Sport Football féminin : Bâtir aujourd’hui pour espérer rivaliser demain

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Au moment où tous les regards sont braqués sur les compétitions de la coupe mondiale Hommes, une attention particulière devrait être portée au football féminin nigérien qui peine à s’affirmer. Les équipes nationales féminines qu’elles soient senior, junior et moins de 17 ans (U17) ont subi de cuisantes défaites dont la plus retentissante est 12 buts à 0 face au Ghana en match de préparation. Le premier match officiel du Mena Féminin disputé en 2002, s’est soldé par une défaite de 10 buts à 0 face au Burkina Faso.

Autant dire que le Mena féminin peine à s’imposer sur la scène continentale. L’équipe nationale n’a pas encore participé à une phase finale de Coupe d’Afrique des Nations féminine, de Coupe du monde ou des Jeux Olympiques.

Les contre-performances des équipes féminines ont conduit la Fédération Nigérienne de Football (FENIFOOT) à élaborer une stratégie nationale de développement du football féminin, au cours d’un atelier tenu du 11 au 12 juin 2026 à Niamey. Cet atelier a réuni les responsables sportifs nationaux, les représentants d’institutions publiques, des partenaires techniques et autres acteurs du football féminin.

A l’issue de leurs travaux, les participants ont adopté une feuille de route articulée autour de plusieurs axes dont l’élaboration d’un plan stratégique assorti d’un mécanisme de suivi dans le temps, l’élargissement de la pratique du football féminin dans les écoles des huit régions du Niger. Ils ont également préconisé le renforcement des capacités des entraineuses, arbitres, responsables du football féminin, la promotion et la valorisation du football féminin à travers la communication, ainsi que l’accès aux programmes et financements de la Fédération Internationale de Football (FIFA).

Pour Armel Azihar, expert de la FIFA, l’enjeu est majeur. Au-delà de l’orientation stratégique, ce document constitue une condition importante pour accéder aux programmes de développement de la FIFA. D’après ses explications, la FIFA dispose de treize programmes de développement. Pour en bénéficier, il faut disposer d’une stratégie claire qui présente les activités à mettre en œuvre sur les deux à quatre prochaines années. Cette démarche devrait permettre au Niger d’accéder à davantage de financements, de formations et d’activités de développement. Mais si cette réflexion stratégique apparaît aujourd’hui nécessaire, c’est aussi parce que les résultats sportifs continuent de révéler les difficultés auxquelles le football féminin nigérien est confronté. Au-delà des scores, ces résultats mettaient en lumière les défis auxquels ce domaine footballistique demeure confronté. Face à des sélections bénéficiant d’une plus grande expérience de la compétition, de championnats mieux structurés et d’un encadrement technique plus développé, le Niger accusait encore un retard important dans plusieurs compartiments du jeu.

Pour Mme Amina Moussa, Présidente de la Commission centrale du football féminin, plusieurs facteurs expliquent cette situation. « Le football féminin au Niger est confronté à au moins trois grands défis qui sont l’impact de l’environnement socioculturel, l’organisation du championnat et l’insuffisance de l’encadrement féminin », affirme-t-elle. Selon elle, la stratégie doit permettre d’identifier précisément les obstacles qui freinent le développement de la discipline afin d’y apporter des solutions durables.

Les travaux réalisés à Niamey ne constituent qu’une première étape. Des missions seront menées dans les régions pour recueillir les réalités du terrain et enrichir le document stratégique. L’un des défis concerne notamment l’élargissement de la pratique à l’ensemble du territoire national. Bien qu’un championnat féminin soit organisé, certaines régions demeurent encore en marge de cette dynamique, limitant ainsi les possibilités de détection et de formation des jeunes talents. Sur le terrain, plusieurs femmes contribuent au développement de la discipline. C’est le cas de Mlle Hamsatou Rabo Mato, entraîneuse depuis huit ans, directrice technique de la Wandia Football Academy et entraîneuse nationale adjointe des U20 féminines. Son parcours illustre l’engagement des actrices investies dans la formation et l’encadrement des jeunes joueuses.

Balkissa Ibrahima Mahamane

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