Viol à Niamey : Des chiffres alarmants qui inquiètent sur la recrudescence du phénomène

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Niamey, la capitale du Niger enregistre une augmentation du nombre des violences sexuelles, notamment le viol. Presque chaque jour, les unités d’enquête de la Police et de la Gendarmerie nationale sont saisies d’un ou plusieurs cas de violence sexuelle. Le viol, selon l’article 395 du nouveau Code pénal nigérien est « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ».

Les victimes relèvent de toutes les catégories sociales : femmes mariées, jeunes filles, mineurs de moins de 13 et même des bébés de quelques mois. « Vous avez des mineurs de 12 ans, de 10 ans, souvent 2 ans, et même des cas de quelques mois », a reconnu le procureur de la République, Près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey, M. Ousmane Beido, dans un reportage diffusé par la télévision publique Tal TV.

Les statistiques dévoilées par le Procureur de la République sont alarmantes. Pour les seuls cas des dossiers de viol jugés entre 2023 et 2025, sans compter ceux dont les procédures ne sont pas bouclées, le chef de parquet a fait état de « 260 dossiers jugés pendant cette période, dont 168 concernent des enfants de moins de 13 ans, soit près de 64 % des cas ».

En désagrégeant ces chiffres par année, il ressort qu’en 2023, le nombre des dossiers jugés par les tribunaux de Niamey s’élève à 77. 78 et 105 dossiers ont été jugés respectivement en 2024 et 2025.

Il existe un risque d’explosion du nombre de viol à Niamey au cours de cette année, indique le Procureur Beido, au regard de la tendance observée entre 2023 et 2025. Pour l’instant, le nombre de dossiers traités de viol s’élève à 14 en fin mai 2026.

Des peines en deçà des attentes

Sur les 260 dossiers de viol jugés entre 2023 et 2025, dont 168 concernent les mineurs de moins de 13 ans, « les condamnations prononcées par les juridictions étaient en deçà des celles prévues par la loi », a reconnu le Procureur de la République. La plupart des condamnations prononcées, a-t-il fait observer, « tournent autour de 6 ans, 5 ans, 3 ans ; souvent vous avez jusqu’à 2 ans ». Il craint « une tendance à la banalisation » face à ces peines minimales prononcées au regard la gravité des faits.

Selon les dispositions de l’article 396 du nouveau Code pénal, « Quiconque commet le crime de viol, est puni d’un emprisonnement de dix (10) ans à vingt (20) ans. Si le crime a été commis sur la personne d’un enfant au-dessous de l’âge de treize (13) ans, le coupable est puni d’un emprisonnement de quinze (15) ans à trente (30) ans ». Pour la victime majeure, « la peine est de 10 à 20 ans de réclusion criminelle ». À ces peines d’emprisonnement s’ajoute le versement de dommages et intérêts pour la réparation des préjudices moral et physique subis par la victime.

Pour la magistrate Mme Gogé Maïmouna, également Coordonnatrice de l’ONG Chroniques Juridiques, la nécessité s’impose de durcir davantage les peines en matière de répression du viol. En outre, elle s’est insurgée contre l’attitude de la société qui se « bat pour justifier le viol en incriminant généralement la fille, prétextant que c’est elle qui a prêté le flanc ».

Des ONG et Associations nationales engagées dans le combat 

Plusieurs organisations nationales s’activent dans le combat contre la recrudescence du viol, tant à Niamey que dans les autres localités du pays. Leurs interventions sont principalement orientées vers des campagnes de sensibilisation et de prévention auprès de la population pour qu’elle comprenne les dangers du viol, dénoncer les cas dont elle a connaissance, connaitre aussi les procédures à suivre en cas de viol et comment assurer la prise en charge de la victime.

Certaines de ces structures, telles que l’ONG Chroniques Juridiques, SOS Femmes et enfants victimes de violences familiales (FEVVF), l’Association des Femmes Juristes (AFJ) pour ne citer que celles-là, font la prise en charge des victimes du viol, tant sur le plan psychosocial que judicaire.

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