Prisons du Niger : une surpopulation effarante

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La maison d’arrêt de Zinder a été construite en 1945 pour une capacité de 500 détenus. Elle en compte aujourd’hui 792, soit un taux d’occupation de 151%. Le 3 juillet, le ministre de la Justice, Alio Daouda, s’y est rendu et a rencontré les magistrats des tribunaux de grande instance de Zinder, Mirriah et Damagaram Takaya.

Ce que le ministre y a trouvé n’avait rien d’isolé. « Dans certaines juridictions, neuf détenus sur dix seraient des prévenus, dont plusieurs n’ont encore fait l’objet d’aucun jugement », a-t-il déploré, jugeant la situation inadmissible.

Deux jours plus tôt, à Diffa, les chiffres étaient plus vertigineux encore, selon l’Agence Nigérienne de Presse. La maison d’arrêt de N’Guigmi, prévue pour 90 places, en héberge 345. Celle de Diffa-ville, conçue pour 168 personnes, en compte 768, soit plus de quatre fois sa capacité.

À Niamey, où le ministre s’était déjà rendu en mars 2026, la prison civile, bâtie en 1947 à l’époque coloniale pour un peu plus de 400 détenus, en accueillait alors 1895, dont 1496 en détention préventive. Seuls 399 détenus sont jugés et condamnés d’après les chiffres communiqués par le régisseur de l’établissement .

Sur la base des données officielles fournies par le ministère de la Justice aux cours des différentes visites dans le milieu carcéral, le constat qui se dégage est celui d’un système où la détention avant jugement, censée rester l’exception, est devenue la règle.

Le droit nigérien fixe pourtant des plafonds à 30 mois pour les crimes les plus graves, 12 mois pour les délits, avec des prolongations possibles dans les dossiers liés au terrorisme ; des délais que les autorités elles-mêmes reconnaissent ne pas toujours pouvoir tenir.

Face à ce constat, le ministre de la justice a appelé les magistrats à recourir davantage aux mesures alternatives à la détention et à accélérer le traitement des dossiers. Il a aussi rappelé qu’un arrêté portant régime intérieur type des établissements pénitentiaires venait d’être adopté, prévoyant des commissions de surveillance associant société civile, chefferie traditionnelle et médias au suivi des prisons. « La gestion de la prison n’est pas l’affaire de la justice seule », a-t-il insisté à Zinder.

Le nombre élevé des détentions préventives ne préoccupe pas seulement les autorités judiciaires. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et l’ACAT, ont documenté des cas de détention prolongée visant des opposants, des journalistes ou des membres de la société civile depuis le coup d’État de juillet 2023.

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