Le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), Wamkele Mene, a appelé à l’introduction généralisée de visas à l’arrivée pour tous les citoyens africains. Selon lui, cette mesure constitue un levier essentiel pour accélérer le commerce intra-africain et stimuler la croissance économique du continent.
Intervenant sur une chaîne de télévision ghanéenne, Wamkele Mene a vivement regretté la lenteur de la mise en œuvre du Protocole de l’Union africaine sur la libre circulation des personnes. Adopté il y a près de dix ans, ce texte n’a été ratifié à ce jour que par seulement quatre pays. « Nous ne pouvons pas continuer à entraver la mobilité sur notre propre continent alors que nous ambitionnons de créer un marché unique », a-t-il déclaré.
Pour le responsable de la Zlecaf, la facilitation des voyages transfrontaliers dépasse largement la question migratoire. Elle représente un véritable catalyseur pour les échanges commerciaux, les investissements et la coopération régionale. « Un entrepreneur sénégalais doit pouvoir se rendre facilement au Kenya ou en Égypte pour explorer des opportunités. Un investisseur nigérian doit pouvoir circuler sans obstacles en Afrique de l’Est. La libre circulation des personnes est indissociable de la libre circulation des biens et des services », a-t-il insisté.
Plusieurs États ont déjà montré la voie en adoptant des initiatives unilatérales. Le Rwanda, le Kenya, le Ghana, le Bénin ou encore les Seychelles ont instauré le visa à l’arrivée ou l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports africains. Ces mesures ont généralement entraîné une augmentation notable des flux touristiques et commerciaux.
Wamkele Mene a exhorté les dirigeants africains à accélérer la ratification du Protocole et à harmoniser leurs politiques migratoires. Selon lui, la mise en place effective de la libre circulation des personnes permettrait de libérer le plein potentiel de la Zlecaf, dont le marché représente plus de 1,3 milliard de consommateurs.
Dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale, l’Afrique a tout à gagner à miser sur son marché intérieur. La facilitation des voyages intra-africains n’est plus une option, mais une nécessité stratégique pour bâtir une Afrique intégrée, prospère et souveraine.




















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