
Le Niger a porté de graves accusations contre le groupe nucléaire français Orano, l’ancien Areva, qu’il qualifie de « prédateur » et rend responsable de « crimes environnementaux » et potentiellement de « crimes de masse ». Au cœur du conflit : la découverte, annoncée par Niamey, de 400 barils contenant des matériaux radioactifs sur le site de Madaouela, près d’Arlit, ancienne zone d’exploitation d’Orano.
Le ministre de la Justice, Alio Daouda, affirme que les relevés effectués font état de radiations de 7 à 10 microsieverts par heure, soit vingt fois supérieur à la normale (0,5 μSv/h). Des substances toxiques susceptibles de provoquer des troubles respiratoires auraient également été détectées. Le gouvernement militaire menace désormais Orano de poursuites pénales.
De son côté, Orano dément toute responsabilité : « Nous n’avons reçu aucune notification officielle de poursuites et nous n’exerçons plus aucune activité à Madaouela, où nous ne détenons plus de permis d’exploitation », a indiqué le groupe, détenu à 90 % par l’État français.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans l’escalade entamée en juin 2024 avec la nationalisation de la mine de Somaïr, qui a privé Orano de sa participation majoritaire (63,4 %). Malgré une décision de la Chambre arbitrale de la Banque mondiale interdisant l’accès au stock, le Niger a commencé la semaine dernière à évacuer l’uranium de Somaïr. Orano dénonce une opération « illégale » et met en garde contre des risques graves pour la sécurité et l’environnement.
Septième producteur mondial d’uranium, le Niger fournissait environ 15 % des besoins français avant la rupture. L’expropriation reflète la volonté des juntes sahéliennes (Mali, Burkina Faso, Niger) de reprendre la main sur leurs ressources. Selon des sources proches du dossier, quelque 1 500 tonnes d’uranium stockées à Somaïr attirent déjà l’intérêt d’acheteurs turcs, iraniens et russes et bien d’autres.




















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