Le village tunisien de Sidi Bou Saïd, désormais inscrit au patrimoine de l’UNESCO

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Sur la colline qui domine le golfe de Tunis, le temps semble s’être arrêté entre le blanc des murs et le bleu des portes. Sidi Bou Saïd, ce village qui a longtemps vécu dans la discrétion élégante de ses ruelles, vient d’entrer dans une nouvelle dimension. L’Unesco l’a inscrit sur la liste du patrimoine mondial. La décision a été prise à Pusan, en Corée du Sud, lors de la 48e session du Comité. Le ministère tunisien des Affaires culturelles l’a officialisée sans fanfare, comme si le village n’avait jamais eu besoins de validation pour exister.

À une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tunis, Sidi Bou Saïd s’est d’abord formé autour d’un tombeau. Celui d’Abou Saïd el-Béji, saint soufi du XIIIe siècle. Autour de ce point de silence, les maisons ont poussé, blanches comme des pages, bleues comme la mer qu’elles regardent. Les pavés ont pris la forme des pas répétés. Les artistes sont venus. Les écrivains aussi. Les musiciens. Chacun a cru y trouver une lumière particulière, une façon de respirer plus lente.

Aujourd’hui, le village reste l’une des destinations les plus photographiées du pays. On y monte encore pour le même spectacle : le contraste des couleurs, l’odeur du jasmin, le bruit des pas sur la pierre. Mais l’inscription change quelque chose. Elle transforme ce qui était une évidence locale en responsabilité collective. Protéger n’est plus seulement une affaire de mémoire. C’est aussi une affaire de regard.

Sidi Bou Saïd n’a jamais cherché à devenir un monument. Il est resté un lieu habité, un endroit où l’on vit encore entre le ciel et la mer. L’Unesco ne lui a pas donné une âme. Elle a simplement reconnu celle qui était déjà là, depuis des siècles, collée aux murs comme la chaux.

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