Le Conseil des ministres réuni le 16 juillet 2026 à Niamey a adopté un projet d’ordonnance instituant un cadre juridique et institutionnel de contenu local propre au secteur des hydrocarbures. Le texte introduit une classification des activités pétrolières et gazières en trois catégories et instaure de nouveaux indicateurs destinés à évaluer la mise en œuvre du contenu local par les opérateurs.
Cette réforme dissocie un dispositif qui, jusque-là, régissait ensemble les mines et les hydrocarbures en occurrence l’ordonnance n°2024-34 du 2 août 2024. Le communiqué du gouvernement explique que la mise en œuvre de ce cadre commun « a révélé des réalités économiques, technologiques et opérationnelles propres à chacun de ces deux secteurs », rendant nécessaire une séparation des régimes juridiques. Cette scission fait suite à la mise en œuvre de l’ordonnance d’août 2024, qui aurait révélé des disparités entre les deux filières.
L’ordonnance de 2024 n’était pourtant pas un texte mineur. Selon sa présentation officielle par le ministère du Pétrole, elle visait à augmenter la valeur ajoutée locale à travers notamment l’achat local, la création d’emplois et la formation d’une main-d’œuvre nigérienne qualifiée dans toute la chaîne de valeur des industries extractives.
Elle imposait à tout opérateur, sous-traitant ou fournisseur intervenant dans les mines ou les hydrocarbures de créer une entreprise de droit nigérien, d’employer en priorité du personnel local et de mettre en place un programme de formation des cadres nigériens.
Le texte créait également un Comité National de Suivi du Contenu Local (CNSCL), chargé de coordonner sa mise en œuvre, ainsi qu’un fonds d’appui dédié. Près de deux ans après la création de ce comité, aucun bilan chiffré de son action n’a été rendu public. Les seules traces concrètes d’application relevées concernent des obligations imposées au cas par cas à des opérateurs individuels, par exemple lors de l’attribution en 2025 de permis de petite exploitation minière de cuivre et d’uranium à deux sociétés nigériennes, sommées de donner la priorité aux entreprises locales et de contribuer au financement de formations. De même, aucun rapport d’activité consolidé du CNSCL, aucune évaluation indépendante des « disparités » invoquées pour justifier la scission de juillet 2026, n’a pu être trouvé.
Le texte, encore au stade de projet d’ordonnance, n’a pas non plus précisé si le Comité national de suivi serait lui-même scindé, ou si des indicateurs de contenu local pour le secteur minier, distincts de ceux désormais annoncés pour les hydrocarbures, seraient également publiés.






















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