Sécurité au Niger ! Les drones militaires sont-ils sous le contrôle de la DGDSE ?

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Un article publié le 2 août dernier par le site MDMG Sahel nous apprend que la flotte de drones de combat du Niger Bayraktar TB2 et Aksungur a été retirée du commandement de l’armée de l’air, courant 2025, pour être placée sous l’autorité directe de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE). Ce qui aurait impliqué le transfert des pilotes, des techniciens et des postes de contrôle vers ce service de renseignement. L’affirmation est précise et vérifiable en principe : soit la chaîne de commandement opérationnelle des drones nigériens passe par l’armée de l’air, soit elle passe par la DGDSE.

La DGDSE existe sous sa forme actuelle depuis le 31 juillet 2023 suivant un décret signé par le chef de l’Etat, soit cinq jours après le coup d’État du général Abdourahamane Tiani. La DGDSE ne s’occupe pas que du renseignement extérieur. Son influence opérationnelle s’étend aux interpellations et détentions des citoyens pour leurs opinions ou des affaires relevant du droit commun. 

Le Niger dispose bien d’une flotte de drones turcs opérationnelle : les Bayraktar TB2 depuis 2022, l’Aksungur depuis sa présentation publique fin septembre 2025 à la base 101 de Niamey. Cette base a été, rappelons-le, directement visée par l’attaque terroriste survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, revendiquée par l’État islamique, puis de nouveau le 18 juin. Le Ministère de la Défense a publié un bilan détaillé de la première attaque, sans toutefois préciser la chaîne de commandement exacte des moyens aériens visés.

Ce qui n’est pas confirmé

Aucune des sources consultées en dehors de MDMG Sahel ne mentionne un transfert du contrôle opérationnel des drones vers la DGDSE. Une enquête indépendante sur l’identité de l’assaillant de l’attaque de janvier dernier évoque des tensions internes documentées « autour de la question des drones militaires » au sein de l’armée après l’attaque, sans toutefois nommer la DGDSE comme autorité de tutelle.

La seule occurrence antérieure qui présente la DGDSE comme autorité directe des drones provient d’une publication du même auteur, Hamid Amadou N’gadé, sur le réseau social X, avant la parution de l’article du 2 août. Il ne s’agit donc pas d’un recoupement indépendant au sens du protocole, mais de la même source citée deux fois sous deux formats différents.

Cette absence de confirmation ne permet pas de conclure que l’affirmation est fausse. Le fonctionnement interne des chaînes de commandement militaires et de renseignement n’est, par nature, presque jamais documenté publiquement en temps réel surtout dans un contexte post-coup d’État et de crise sécuritaire où la transparence institutionnelle est réduite. L’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence. Mais en l’état, aucun document primaire, aucune déclaration officielle, aucun second témoin identifié ne vient étayer le transfert allégué.

Si l’affirmation était vraie, elle indiquerait un déplacement significatif du pouvoir militaire nigérien vers un service de renseignement dirigé par un officier proche du chef de l’État, avec des conséquences concrètes sur la capacité de surveillance aérienne du pays engagé simultanément dans la lutte contre les groupes armés et la gestion des conséquences de deux attaques contre l’aéroport de sa capitale en six mois. C’est précisément ce qui rend la vérification nécessaire avant toute reprise du récit et qui justifie qu’elle reste, pour l’instant, non tranchée plutôt que présentée comme un fait.

Cet article a été réalisé dans le cadre de la bourse de 6 mois du projet SAIL+ du Centre for Journalism Innovation and Development (CJID)

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