Affrontements militaires du 28-29 août 2026 à Niamey : le Niger envisage de porter plainte contre la France

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Le Niger envisage de saisir la justice internationale pour des faits de « tentative de déstabilisation » et d’ »agression » suite aux évènements qui se sont déroulés dans la nuit du 28 au 29 août 2026 à Niamey. Dans la matinée du 29 août, le Ministre de la Défense nationale, à travers un communiqué lu par les médias publics, faisait cas d’un « mouvement d’humeur » conduit par « un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire ».

Mais la thèse de la mutinerie va très vite céder la place à une tentative de remise en cause des institutions avec notamment les assauts contre le palais présidentiel et surtout la Base 101 de Niamey qui abrite les moyens aériens de l’armée nationale, un stock important d’uranium ainsi que des militaires russes de AFRICA CORPS. C’est du reste, l’intervention de cette unité étrangère qui a permis d’enrayer l’offensive des insurgés, comme l’ont indiqué les autorités dans leur communiqué annonçant la fin des hostilités et le retour au calme dans la capitale.

Aucun mystère n’existe sur l’identité de l’instigateur ou le commanditaire des évènements des 28 et 29 août 2026. Le communiqué du conseil des ministres du 4 septembre 2026 désigne « un vaste réseau de connivence à la tête duquel se trouve le régime français de Monsieur Macron ». Il ajoute que « cette action est aussi révélatrice du double visage dont font montre certains de nos frères africains qui sont prompts à servir de passerelles aux actions déstabilisatrices des tenants du régime français ». 

Si l’auteur principal de la « tentative de déstabilisation » et d’ »agression » du 28 au 29 août 2026 est clairement identifié et nommé, il en est autrement des complices supposés dont aucun n’a été officiellement cité. Il faudrait peut-être faire un recoupement avec les « révélations » du capitaine Roger Gabriel, un officier de l’armée nigérienne qui, à travers un enregistrement vidéo largement diffusé par la télévision nationale (RTN) et les réseaux sociaux, a mis en cause plusieurs pays africains dont les responsables militaires et politiques lui auraient offert un appui logistique et humain pour renverser le régime de Niamey.

Les témoignages du capitaine Roger Gabriel qui recèlent d’innombrables détails et d’informations de « première main » pourraient contribuer à cimenter « la documentation conséquente » que l’Etat du Niger indique avoir constituée et qui servira de base au dossier qui sera porté devant la justice internationale.

S’agissant justement de justice internationale, certains observateurs ne cachent pas leur scepticisme au regard de la fortune qu’a connue la plainte du Mali contre la France devant le Conseil de Sécurité de l’ONU. Ce pays membre de l’Alliance des Etats du sahel (AES) était le premier à désigner nommément la France comme l’acteur de sa déstabilisation. Le gouvernement malien avait soumis en août 2022 une plainte officielle au Conseil de sécurité de l’ONU pour accuser la France d’actes d’agression, de violations de son espace aérien et de soutien présumé aux groupes terroristes. Cette plainte n’a guère prospéré car aucun Etat membre du Conseil de Sécurité n’a daigné porter la demande malienne devant cette instance. On pourrait même tirer la conclusion qu’elle est restée lettre morte. La plainte que le Niger envisage de déposer contre la France connaîtra-t-elle le même sort ou le plaignant trouvera d’autres moyens de la faire aboutir ?

Moussa Sirba

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