Homosexualité au Niger : Une loi qui divise le monde, mais rassemble une large partie des Nigériens

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Le débat est explosif. Il touche à la morale, à la religion, au droit et aux libertés individuelles. Avec l’ordonnance n°2026-09 du 16 février 2026 instituant le nouveau Code pénal, le Niger a choisi de criminaliser les relations sexuelles et le mariage entre personnes de même sexe ainsi que toute organisation ou activité de promotion et du financement des mouvements LGBTQ+. Les personnes qui auront officié un mariage de personnes de même sexe seront aussi punies par la loi. Le nouveau Code pénal prévoit des peines d’emprisonnement de 5 à 20 ans et des amendes pouvant atteindre 100 millions de francs CFA (150.000 euros).

La décision de punir sévèrement les pratiques LGBTQ+ et les « comportements contre-nature » suscite de vives réactions à l’international, alors qu’à l’intérieur du pays, elle est saluée par une grande partie de l’opinion.

Dans un pays où plus de 90% de la population est musulmane, nombreux sont ceux qui estiment que cette réforme ne fait que traduire dans la loi des valeurs religieuses et sociétales profondément enracinées. Pour ses partisans, il ne s’agit pas d’une atteinte aux libertés, mais d’un choix de société assumé, conforme aux convictions de la majorité. Pour eux, l’État protège ce qu’ils considèrent comme les fondements de la famille et de l’ordre moral.

Le débat sur la répression de l’homosexualité a pris de l’envergure ces derniers jours avec l’arrestation et la mise en détention de plusieurs personnes dont des hauts gradés de la police nationale et de la douane.

Des organisations internationales des droits humains ont condamné ces arrestations en rappelant que toute personne a droit au respect de sa dignité, indépendamment de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. Elles dénoncent la pénalisation des relations consenties entre adultes.

Pour l’instant, aucune condamnation officielle n’a été enregistrée de la part des organisations internationales, notamment les Nations unies et l’Union Européenne qui considèrent les pratiques LGBTQ+ comme relevant de l’orientation sexuelle et du droit de chaque être humain de disposer librement de son corps.

Une chose est certaine : la position des autorités actuelles du Niger face à ce phénomène est intransigeante. Comment alors concilier l’universalité des droits humains avec les valeurs et références culturelles, religieuses et sociales ?

Le débat devient encore plus complexe lorsqu’il s’intéresse aux individus eux-mêmes, notamment les déterminants et les motivations de certaines pratiques homosexuelles. Il y a le cas de personnes qui affirment être nées avec une orientation sexuelle différente et soutiennent ne pas l’avoir choisie. Peut-on réduire leur situation à une simple infraction pénale ?

Au Niger, les pratiques homosexuelles ne s’expliquent pas seulement par l’orientation sexuelle. Des croyances, pratiques mystiques ou occultes censées procurer richesse et pouvoir à leurs auteurs sont mises en avant pour justifier le phénomène. C’est le cas des hautes cadres de l’administration qui sont actuellement en détention. Leur dossier est désormais entre les mains de deux juges chargés de conduire l’instruction. À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée. Le principe de la présomption d’innocence demeure entier.

Cette procédure est suivie avec attention par l’opinion. Elle donnera un aperçu de la manière dont les nouvelles dispositions du Code pénal seront appliquées. Elle permettra aussi de mesurer les réactions des partenaires internationaux, des organisations de défense des droits humains et de la société civile nigérienne.

Mawal

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