Troupes algériennes au Niger : un vote à Alger, silence radio à Niamey

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Le Parlement algérien a autorisé le dimanche 25 octobre 2026 l’envoi de militaires de l’Armée Nationale Patriotique (ANP) au Niger. Une décision exceptionnelle, selon les termes du communiqué de l’organe législatif algérien. Côté nigérien, aucun acte public ne précise sur quel fondement juridique ces soldats seront déployés sur son territoire.

Réunies à huit clos en session extraordinaire, les deux chambres du Parlement algérien ont voté l’envoi d’unités de l’armée nationale au Niger. Le Sénat a approuvé le déploiement à 148 voix et l’Assemblée populaire nationale a, elle aussi voté à l’unanimité, pour « protéger les intérêts énergétiques ».

Selon le communiqué parlementaire, le premier déploiement officiel de troupes algériennes à l’étranger remonte à la guerre israélo-arabe de 1973. Pour l’instant, on se sait pas dans quelle région du Niger seront déployées les troupes algérienne. Selon l’Agence Reuters, le communiqué désigne la zone de Madama, dans le Nord du Niger, à une centaine de kilomètres de la frontière libyenne. Madama, il faut le souligner est une ancienne base de l’armée française dans le cadre de l’opération Barkhane.

Pour l’instant, ni les effectifs, ni le calendrier, encore moins le mandat précis du contingent algérien, n’ont été rendus publics. Le chef d’état-major particulier du Président Tiani, le Général Ibro Amadou Bacharou, a entamé un séjour dans la zone du Kawar, le 19 octobre 2026 pour évoquer cette présence avec les commandants militaires et les autorités de Dirkou.

Le vote du parlement algérien couronne un rapprochement rapide. Les ambassadeurs des 2 pays ont repris leurs postes en février dernier après dix mois de crise. Alger a offert quatre hélicoptères en août 2026 et le 21 octobre dernier le ministre nigérien de la Défense nationale, le Général Salifou Mody, a signé à Alger un protocole de coopération militaire avec le chef d’état-major algérien Saïd Chanegriha. Le communiqué publié à l’issue de cette signature ne détaille pas le contenu du texte. Une question demeure : l’accord bilatéral évoqué par le sénat algérien correspond-t-il au protocole signé par les deux ministres de la défense ?

La décision du déploiement des forces algériennes sur le territoire nigérien pose la question du respect des dispositions de la Charte de la Refondation, promulguée le 26 mars 2025 et qui a valeur constitutionnelle. Cette charte conditionne explicitement la présence, temporaire ou permanente, de forces étrangères sur le territoire nigérien à la tenue d’un référendum.

Cependant, une exception existe notamment « en cas d’urgence avérée ». Le président peut décider d’un déploiement des forces étrangères par décret après avis du Conseil consultatif de la Refondation, a expliqué le secrétaire général du gouvernement. À ce jour, L’Evènement Niger n’a trouvé ni consultation populaire annoncée, ni décret, ni avis publié sur la présence algérienne.

Le texte de la Charte parle de forces étrangères, pas seulement de bases, et la qualification d’un détachement chargé de protéger des installations pétrolières n’a, à ce stade, été tranchée publiquement par personne. Elle contraste en tout cas avec le récit officiel du premier anniversaire de la Charte, où le chef de l’État mettait en avant le recentrage de la défense et la sortie des forces étrangères du territoire.

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