Niger : le régulateur met en demeure les quatre opérateurs de téléphonie mobile

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L’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP) a fixé un délai d’un mois aux quatre opérateurs de téléphonie mobile du Niger pour corriger des défaillances persistantes dans la qualité de leurs prestations de services réseaux. Celtel, Moov Africa, Niger Telecoms et Zamani Com ont tous été mis en demeure, sans exception, à l’issue d’une campagne de mesures menées sur le terrain du 10 avril au 13 mai 2026.

L’ARCEP avait un objectif précis : vérifier le respect par les opérateurs des seuils de couverture et de qualité fixés par la décision n°000012/ARCEP/CNRCEP/21 du 10 décembre 2021. Le verdict, rendu public par un communiqué signé de la directrice générale Moussa Zeinabou Seyni, est sans appel : « la voix et l’internet mobile posent problème chez les quatre compagnies. Les SMS, eux, passent le contrôle sans réserve. »

Sur la couverture réseau, la photographie est globalement conforme à une exception près. Zamani Com n’atteint pas les seuils prescrits en 4G, une faiblesse que le communiqué isole explicitement du lot commun de manquements sur la voix et la data.

La procédure a suivi le principe du contradictoire : les rapports d’analyse ont été soumis aux opérateurs avant d’être examinés par le Conseil national de régulation (CNRCEP) lors de sa session du 10 juin 2026. C’est ce même conseil qui a décidé, à l’issue de ses délibérations, la mise en demeure collective, sur le fondement de l’article 13 de la loi n°2018-47 portant création de l’ARCEP.

Le scénario n’est pas inédit. En août 2022 déjà, une campagne de contrôle similaire avait débouché sur une mise en demeure des mêmes quatre opérateurs. Faute de corrections jugées suffisantes, l’ARCEP avait fini par infliger, en juillet 2023, plus de 4,3 milliards de francs CFA d’amendes cumulées ; une sanction proportionnelle au chiffre d’affaires de chaque compagnie, calculée selon le taux de correction effectivement réalisé sur les inconformités relevées. Niger Telecoms, en 2021 déjà, avait été le seul des quatre à essuyer une sanction après un premier cycle de mise en demeure.

L’ARCEP annonce qu’une nouvelle campagne de contrôle sera organisée à Niamey à l’expiration du délai d’un mois, pour mesurer les correctifs réellement apportés. En cas de manquements persistants, le régulateur rappelle qu’il pourra à nouveau actionner son pouvoir de sanction.

Il reste à savoir si les autorités actuelles vont sévir avec rigueur contre les compagnies de téléphonie mobile car Airtel et Orange (devenu Zamani) ont démontré par le passé, leur capacité à ne pas obtempérer aux injonctions du régulateur. En 2015, ces sociétés ont bénéficié de ce que la presse avait qualifié de « cadeaux fiscaux » au préjudice du Trésor national, suite à des arrangements qu’elles ont conclus avec l’Etat du Niger sous l’égide du Secrétariat Général du Gouvernement de l’époque. Un contournement des services fiscaux  et douaniers qui a consacré l’influence et l’impunité des multinationales.

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