Bénin : le gouvernement affirme avoir repris le contrôle de la situation

0
1037

À la suite des événements violents du 7 décembre dernier, consécutifs à la tentative du coup d’Etat, un conseil des ministres présidé par le président Patrice Talon a confirmé l’échec d’une mutinerie lancée par des militaires de la base de Togbin. Des enquêtes sont ouvertes pour identifier les auteurs et leurs complices.

Selon le compte-rendu officiel, les mutins ont d’abord pris pour cibles des hauts gradés de l’armée béninoise, les retenant en otage.

Ils se sont ensuite dirigés vers la présidence de la République avec l’intention de capturer le Chef de l’État. Alertée, la Garde républicaine les a attendus et de violents affrontements ont eu lieu. Selon le gouvernement, les mutins, « débordés par la farouche résistance des soldats loyaux, [ont] battu en retraite ».

Dans la foulée, un groupe s’est rendu à la télévision nationale pour l’occuper et y lire une déclaration annonçant la destitution du président Talon. Cette occupation n’a été que de courte durée, les mutins ont été « délogés par l’Armée loyale ».

Les insurgés se sont ensuite retranchés dans leur base d’origine, Togbin, pour y ouvrir un nouveau front. L’armée régulière, renforcée par des unités voisines, a alors encerclé la base. Pour éviter un assaut terrestre risquant de causer des pertes civiles dans les quartiers avoisinants de Togbin et Fidjrossè, le gouvernement affirme avoir opté pour des « frappes aériennes ciblées, chirurgicales ».

Le compte-rendu mentionne également le soutien apporté par le Nigéria, dont l’aviation a mené des frappes en fin de journée pour immobiliser certains engins blindés des mutins.

Le 8 décembre, le général Abou Issa et le colonel Faïzou Gomina, pris en otage au début de la mutinerie, ont été libérés à Tchaourou par les militaires loyalistes.

Ce compte-rendu détaillé du gouvernement vise à mettre fin à la confusion entretenue par une guerre communicationnelle. Les mutins continuent en effet de prétendre sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, contrôler la situation.

Ismaël Abdoulaye