Financement du terrorisme : 50 millions de dollars de rançon versée en échange d’otages a « financé l’offensive d’Al-Qaïda au Mali », selon l’ONU

0
55

« Une rançon estimée à 50 millions de dollars versée pour libérer un otage pris par des militants liés à Al-Qaïda au Mali, en fin 2025, a contribué à financer leurs avancées en Afrique de l’Ouest et le réseau mondial du groupe », ont déclaré des experts de l’ONU.

Reuters rapporte que trois sources régionales ont identifié « les Émirats arabes unis comme étant le pays ayant effectué le paiement ». Ce versement, expliquent les experts de l’ONU, a contribué à « financer l’expansion d’Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest et le développement de son réseau mondial ».

Selon ces sources, un citoyen émirati ainsi que deux autres étrangers enlevés, mais non mentionnés dans le rapport de l’ONU, ont été libérés après le versement de cet argent. « Les modalités de cette opération n’ont pas été précisées », souligne le rapport.

Toutefois, il indique que la majeure partie de la « rançon d’environ 50 millions de dollars américains reçue en 2025 pour la libération d’un otage » a été redistribuée entre les katibas (un terme utilisé pour décrire les groupes opérant dans la région du Sahel qui font partie d’une coalition de militants connue sous le nom de Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin -JNIM).

Le rapport de l’ONU indique également qu’une partie de la rançon a été allouée à Al-Qaïda au Maghreb islamique, membre du JNIM, qui est la branche officielle d’Al-Qaïda en Afrique du Nord. Cette entité a ensuite remis une partie de l’argent à la direction centrale d’Al-Qaïda, ainsi qu’à Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), une faction se trouvant au Yémen.

Ces fonds, poursuit le rapport de l’ONU, ont joué « un rôle clé dans le financement de l’offensive du groupe à travers le Mali », sans pour autant préciser comment les fonds ont été transférés, ni à quoi ils ont servi. Le rapport estime le nombre des combattants de JNIM entre 7 000 et 8 000 dans la région du Sahel en Afrique, dont la moitié se trouvant au Mali.

Les combattants sahéliens liés à Al-Qaïda opèrent sur un territoire situé au Mali, au Burkina Faso et au Niger, ainsi qu’au Bénin et au sud du Togo, et apportent au groupe un soutien plus large. Les experts du conflit soutiennent aussi que la rançon versée a permis au groupe de financer des armes, sa logistique ainsi que les combattants nécessaires pour non seulement étendre leur insurrection à travers la région désertique, mais aussi leur influence sur le terrain et au sein du réseau mondial d’Al-Qaïda.

En cette année, les avancées du JNIM au Mali ainsi que leurs insurrections qui font rage au Burkina Faso et au Niger voisins ont mis en évidence la menace et l’influence des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique en Afrique de l’Ouest.

La preuve a d’ailleurs été donnée en avril dernier lorsque des combattants du JNIM, alliés à des rebelles séparatistes, ont attaqué Bamako, la capitale du Mali, et mené une série d’attaques dans plusieurs villes à travers le pays, tuant le ministre malien de la Défense, le Général Sadio Camara.

Des sources sécuritaires révèlent que les enlèvements qui, depuis fort longtemps sont une activité très lucrative pour les groupes militants, se sont éclipsés l’an dernier avec le versement de ces 50 millions de dollars américains, soulignant que « les précédentes rançons se situent généralement entre 4 et 6 millions de dollars pour les étrangers ».

Par ailleurs, note le rapport de l’ONU, « le JNIM considère les enlèvements à la fois comme une source de financement et comme un moyen de saper la confiance dans la sécurité de l’État ». En juin dernier déjà, le JNIM publiait un communiqué offrant des millions d’euros pour toute information permettant de « localiser le président du Mali et les hauts responsables militaires ».

Amina Dioffo

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here