Esclavage : le Premier ministre britannique ouvert à des excuses, mais pas à des réparations

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Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré samedi qu’il était « ouvert » à ce que le Royaume-Uni présente pour la première fois des excuses formelles pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves, tout en écartant catégoriquement toute perspective de réparations financières. Ces déclarations interviennent alors que le roi Charles III poursuit sa tournée dans les Caraïbes, à la veille du sommet des dirigeants du Commonwealth.

Dans une tribune publiée par The Guardian, le chef du gouvernement britannique estime que « nous devons regarder le passé en face ». Sous pression de plusieurs nations caribéennes qui réclament à la fois des excuses et des compensations, Burnham s’engage à mener « des conversations difficiles pour préserver le Commonwealth pour l’avenir ».

Il dit vouloir « exprimer mon chagrin et mes regrets pour la douleur et la souffrance de tant de millions de personnes et reconnaître la façon dont cela continue de façonner notre monde aujourd’hui ». Mais, précise-t-il, les réparations financières ne constituent pas « la bonne réponse ». « Je ne pense pas que les Britanniques d’aujourd’hui puissent être tenus responsables de torts historiques, aussi monstrueux soient-ils, qui se sont produits à une autre époque, sous d’autres lois, et auxquels ils n’ont pris aucune part personnelle », écrit-il.

Le Premier ministre qualifie la traite transatlantique de « violation brutale et barbare » des droits des personnes réduites en esclavage. Il propose un « dialogue structuré » avec les parties concernées et affirme que « l’écoute des appels à des excuses formelles au nom de l’État britannique fera partie importante de ce processus, et j’y suis ouvert ».

En parallèle, Burnham a annoncé le lancement d’une initiative de restructuration de la dette des pays les plus pauvres du Commonwealth, pilotée par l’ancien Premier ministre travailliste Gordon Brown. L’objectif est d’aider ces États à rembourser sur une période plus longue et à des conditions plus favorables, en collaboration avec des partenaires internationaux.

Ces questions pèsent lourdement sur la visite de neuf jours du roi Charles III dans trois pays caribéens. Le monarque a déjà évoqué « la grande souffrance du passé » aux Bahamas et s’est recueilli en Guyane sur un site d’exécutions datant de l’époque coloniale. Le Commonwealth, organisation de 56 membres majoritairement composés d’anciennes colonies britanniques, reste marqué par ces héritages.

Le Royaume-Uni n’a jamais présenté d’excuses formelles pour l’esclavage ni accepté de réparations. S’il a tiré profit pendant des siècles de la traite et du colonialisme, Londres rappelle aussi avoir été pionnier dans l’abolition, votée en 1833.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Denis O’Brien, fondateur de The Repair Campaign, qui milite pour des réparations en faveur des nations caribéennes, a estimé que Londres « doit cesser de tergiverser et présenter dès maintenant des excuses pleines et formelles ». De son côté, la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch a affirmé qu’il n’y avait « pas besoin » de rouvrir le débat sur des excuses officielles et a réaffirmé son opposition aux réparations, invitant le Commonwealth à « regarder vers l’avenir » plutôt que « sans cesse vers le passé ».

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