Réouverture de la frontière Bénin-Niger : un horizon qui s’éloigne

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Le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani s’est longuement exprimé sur les sujets brûlants de l’heure à l’occasion du 3e anniversaire de l’avènement du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) au pouvoir. Tous les sujets d’intérêt national ont été évoqués avec un accent particulier mis sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme.

Au cours de cet entretien exclusif, beaucoup d’observateurs et de citoyens se sont attendus à une forte annonce : la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger, fermée depuis juillet 2023. Mais ils sont restés sur leur faim, car le Chef de l’Etat nigérien a expliqué que toutes les conditions ne sont pas encore réunies pour cette réouverture. Il a surtout évoqué l’existence « des plaies qu’il faut panser » et la nécessité de créer les conditions d’une réouverture pérenne qui ne dépendrait plus de l’humeur ou de la volonté d’un dirigeant quelconque.

Il faut rappeler que le Niger a posé en juin 2026, plusieurs conditions « non négociables » à la partie béninoise, notamment une transparence sur le positionnement des forces étrangères stationnées le long de la frontière commune. Une allusion à la présence des forces françaises dans le Nord Bénin qui est considérée comme un facteur potentiellement dangereux pour la sécurité du pays. Autant dire que le statut quo persiste malgré l’installation d’un groupe de travail bilatéral qui a transmis ses propositions de sortie de crise aux gouvernements des deux pays limitrophes.

En 3 ans, la fermeture de la frontière nigéro-béninoise a porté un coup dur aux échanges économiques entre les deux pays d’autant plus que le port de Cotonou est le port le plus proche et le plus économique pour l’importation et le transit des marchandises vers le Niger. C’est le corridor le moins risqué et c’est par ce port que l’uranium extrait au Niger est acheminé en Europe.

Les principales villes frontalières, à savoir Gaya pour le Niger et Malanville pour le Bénin ont subi de plein fouet la fermeture de la frontière commune au regard du marasme économique perceptible de part et d’autre.

En attendant une hypothétique ouverture de la frontière entre les deux pays, le trafic informel des biens et des personnes prospère avec tous les risques de naufrage et de noyage qui se soldent parfois par des morts d’hommes. Tout ceci au grand bonheur des éléments des forces de sécurité des deux pays qui perçoivent des « taxes de passage » créées pour la circonstance.

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