Inquiètes du silence prolongé autour de la disparition du journaliste d’investigation Atiana Serge Oulon au Burkina Faso, un groupe de six (6) organisations internationales ont lancé un appel, le mardi 23 juin dernier, aux autorités du Burkina Faso afin qu’elles donnent, dans les meilleurs délais, des nouvelles du directeur du journal L’Événement enlevé de force depuis bientôt un an. Les signataires de cet appel sont la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Amnesty International, Human Rights Watch, l’Observatoire Kisal et Reporters sans frontières (RSF).
L’enlèvement de Serge Oulon s’est produit le 24 juin 2024 à Ouagadougou, lorsque des hommes armés, se présentant comme des agents de services de renseignement, se sont introduits dans son domicile et l’ont forcé à les suivre. Depuis lors, ni sa famille, ni ses amis, encore moins ses collègues de travail n’ont eu aucune nouvelle d’Atiana. « Nous n’avons aucune information depuis qu’il a été enlevé. Personne ne sait si Serge Oulon est encore en vie ou dans quel état de santé il se trouve », s’inquiétait un de ses proches, dès les tout premiers jours de son enlèvement.
Il aurait fallu quelques mois plus tard pour entendre le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré évoquer l’arrestation d’un journaliste accusé d’avoir diffusé de fausses informations. De ces propos, ses proches et collègues de travail ont très vite compris que le président de la transition faisait allusion au journalisteAtiana Serge Oulon.
Le gouvernement burkinabè va plus tard confirmer les propos du capitaine Ibrahim Traoré quant à l’enlèvement de Serge Oulon ainsi que de plusieurs autres journalistes. Tous (Ndlr : journalistes enlevés), « ont été enrôlés de force dans les forces armées », a reconnu le gouvernement.
Très connu au Burkina Faso pour ses investigations sur la corruption et la mal gouvernance, le journaliste Serge Oulon a surtout marqué les esprits par ses dénonciations de corruption au sein des forces de sécurité. Il enquêtait aussi sur des cas présumés de détournement de fonds publics.
Pour beaucoup d’observateurs, l’enlèvement et l’enrôlement de force du journaliste dans l’armée ont un lien évident avec son enquête publiée en décembre 2022, dans laquelle il dénonçait un présumé détournement d’environ 400 millions de FCFA. Cette somme était destinée au paiement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et autres auxiliaires civils qui soutiennent l’armée. L’enquête du journaliste mettait en cause un capitaine de l’armée de la région du Centre-Nord.
Selon des informations rapportées par RSF, Serge Oulon avait été détenu par les forces de sécurité, en compagnie d’autres civils, dans au moins deux villas, près de l’ambassade des États-Unis à Ouagadougou, où ils avaient subi des sévices et une privation de nourriture.
Depuis la prise du pouvoir par les militaires au Burkina Faso, des rapports d’ONG et associations de défense de droits de l’homme dénonçaient des enlèvements et disparitions des journalistes et acteurs de la société civile. Ces derniers continuent de payer un lourd tribut pour leur engagement à défendre la liberté de presse et les droits humains.
D. Alka






















![[Exclusif] Orano versus Niger, de la fiction à la réalité Ph : DR](https://levenementniger.com/wp-content/uploads/2025/02/ORANO-GROUP-218x150.jpg)

![[Partie 2] État du Sénégal – IB Bank Togo/Burkina Faso : blanchiment d’une dette cachée de 105 milliards FCFA en créance souveraine](https://levenementniger.com/wp-content/uploads/2025/10/1-1-218x150.jpg)













