Saison des pluies à Niamey : des routes dégradées compliquent le quotidien de la population

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Chaque saison des pluies met en lumière la fragilité des infrastructures routières à Niamey : chaussées dégradées, eaux stagnantes, nids-de-poule et difficultés d’évacuation des eaux de ruissellement. Cette situation limite la mobilité des usagers. Si certains tronçons ont depuis fait l’objet de réaménagement, la récurrence des dégradations interroge la capacité des infrastructures à résister aux précipitations et l’efficacité du suivi des travaux engagés.

Au quartier Aéroport situé dans le quatrième arrondissement communal, le cas de « konan moutouwa » (virage de la mort en langue nationale) illustre cette situation. Dès les premières pluies, la chaussée a été fortement dégradée, notamment à la suite des travaux d’installation de canalisations. Des excavations s’étaient transformées en bourbiers, compliquant la circulation et favorisant des accidents. « Chaque année, les voies menant vers Kafa Koira sont difficiles à emprunter. Mais cette année, c’est encore pire avec les travaux d’adduction d’eau », témoigne Abdoul Magid Moussa, moto-taximan.

Les travaux d’aménagement effectués après les premières pluies n’ont pas produit les résultats escomptés. Cette évolution ne fait toutefois pas disparaitre les interrogations soulevées par les riverains. Pour ces derniers, les difficultés rencontrées à « konan moutouwa » ne sont pas nouvelles et réapparaissent à chaque saison des pluies.

Le rond-point Wadata reste également confronté aux effets des fortes pluies. Les eaux recouvrent une grande partie de la chaussée qui abrite de nombreux nids-de-poule. Ce qui ralentit la circulation et exposant les véhicules aux risques de panne. La situation s’était aggravée lorsqu’un camion gros porteur s’est renversé au niveau de ce carrefour. La circulation était totalement arrêtée jusqu’à l’enlèvement du camion.

D’autres difficultés sont observées sur plusieurs quartiers et rues de la capitale, notamment le goudron de Talladjé Est menant à l’Escadrille, Bassora, Talladjé-50 mètres, Rive droite, Niamey 2000, Aéroport, Goudel, Bobiel, Koubia, Koira Tegui, Yantala, Boukoki, Kobontafa, Lazaret, etc.

Pour les professionnels du transport, les conséquences sont directement perceptibles. « Nous refusons parfois certaines destinations, même lorsque le client est prêt à augmenter le prix de la course. Les réparations des véhicules coûtent trop cher », expliquait Nassirou Chaibou, chauffeur de taxi. C’est le cas de la chaussée qui traverse le quartier Dan Gao qui est devenue impraticable. Son collègue Abdou souligne, pour sa part, que les détours imposés par l’état des routes rallongent les trajets et peuvent entrainer une hausse du prix des courses.

Les usagers sont aussi contraints d’adapter leurs déplacements. Rabé Oumarou, qui effectue chaque jour le trajet entre Bassora et Yantala Habou Tégui, dit devoir emprunter des itinéraires plus longs pour contourner les chaussées inondées et les nids de poule remplis d’eau.

Ces difficultés affectent également l’approvisionnement de certains petits commerces. Toujours dans le quartier Aéroport, « Mallam », nom d’emprunt, tient une boutique et se rend habituellement au marché de Kassouen Dolé, au quartier Lazaret, pour s’approvisionner en légumes. « La voie devient boueuse et difficilement praticable, surtout à moto », explique-t-il. Il se rabat alors sur le marché du quartier Aéroport, où toutes les variétés de légumes ne sont toujours disponibles. A titre d’exemple, la tomate, le concombre ou encore l’oignon peuvent manquer. Lorsqu’il ne parvient pas à se les procurer, il se contente de vendre les produits dont il dispose déjà. Lorsqu’il réussit à s’approvisionner, il peut être amené à vendre certains légumes plus chers.

Dans certaines zones du 5e Arrondissement Communal (rive droite), les conséquences vont jusqu’à compromettre l’activité des petits commerçants. Les taxis ne desservent par certaines voies situées derrière la gare de Torodi (Torodi tessam) et vers l’école Bangabana (école Lafourko). Les habitants doivent alors emprunter des itinéraires plus longs pour rejoindre les axes accessibles et trouver un moyen de transport. Une vendeuse installée dans cette partie de la capitale affirme avoir suspendu son activité jusqu’à la fin des pluies. Une situation qui, selon elle, se répète chaque année.

La dégradation des voies n’est pas étrangère aux difficultés dans l’exécution des travaux de réaménagements annoncés sur certaines rues de Niamey. Hamadou Issoufou, coordonnateur national du Projet de Développement Urbain et de Résilience Multisectorielle (PIDUREM), a annoncé le 12 juin 2026, un avenant au marché des travaux d’urgence dans la ville de Niamey d’un coût de 1,7 milliard de francs CFA, pour une durée d’exécution de trois mois. Toutefois, à ce jour, force est de constater que les travaux n’ont pas encore débuté. Ce décalage entre la remise des sites et le démarrage effectif des travaux soulève la question du suivi des opérations de réhabilitation, alors que les pluies continuent de mettre certaines voiries à rude épreuve.

Pour compléter ces informations sur l’état des routes, le suivi des travaux et les mesures prises face aux difficultés récurrentes liées aux pluies, nous avons cherché à obtenir l’éclairage de la ville de Niamey. Mais nous avons été malheureusement renvoyée d’un bureau à un autre, sans qu’il nous soit possible de nous entretenir avec un responsable ou un technicien en charge de cette question.

La situation observée dans plusieurs quartiers de la capitale ne s’explique pas uniquement par l’intensité des précipitations. Elle renvoie également à l’état des voiries, à l’évacuation des eaux pluviales, à l’entretien des infrastructures et au suivi des travaux de réhabilitation. A Niamey, l’enjeu consiste désormais à garantir des aménagements capables de résister durablement aux épisodes pluvieux, ainsi qu’un suivi effectif des travaux engagés.

Balkissa Ibrahima

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