Société Nigérienne de Sécurité : Bras de fer entre associés !

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Un différend oppose les associés de la Société Nigérienne de Sécurité (SNS) autour de la gouvernance de l’entreprise, des engagements financiers, du versement de dividendes et des conditions de départ de son ancien gérant et PDG. Les documents consultés et les versions recueillies auprès des différentes parties font apparaître plusieurs points de désaccord, tandis que certaines procédures ont déjà donné lieu à des décisions ou à une conciliation judiciaire.

Les statuts de l’entreprise font apparaître une répartition du capital entre trois associés : 34 % pour M. Hassane Diallo Yacine, 33 % pour Mme Mariama Oumarou et 33 % pour M.  Indattou Alkassoum, ancien ministre de la Défense Nationale. Cette répartition résulterait de cessions de parts intervenues entre 2013 et 2014. Selon les pièces examinées, 33 % avaient été cédés à Mariama Oumarou, épouse de Yacine Diallo au moment de la cession, et 33 % vendus à Indattou Alkassoum.

Le point de départ du différend

Le déroulement de l’assemblée générale du 26 mars 2026 constitue l’un des principaux points de désaccord entre les parties. Une convocation, datée du 23 février 2026, signée par Hassane Diallo Yacine en qualité de gérant, prévoit la tenue de cette assemblée au siège de la SNS. Son ordre du jour comprend : l’examen des états financiers, la démission du gérant et la vente des parts sociales de Yacine Diallo aux actionnaires.

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Des documents produits par l’autre partie font également état d’un constat d’huissier effectué lors de l’assemblée générale. Indattou Alkassoum et Mariama Oumarou y sont représentés, leurs participations cumulant 66 % du capital. Un document déposé au greffe du Tribunal de commerce de Niamey, le 3 avril 2026, mentionne par ailleurs Hamadou Dayazi comme nouveau gérant de la SNS.

Yacine Diallo conteste pour sa part la régularité de certaines démarches et affirme notamment qu’un procès-verbal présenté comme régulier aurait été établi dans le cadre de cette assemblée. Il a engagé des démarches judiciaires pour contester les opérations qu’il considère comme irrégulières.

Des engagements financiers et les dividendes au cœur des interrogations

La situation financière de la SNS constitue également un volet important du dossier. Une mise en demeure a été adressée, le 20 février 2026, par Coris Bank International à la SNS, qui a bénéficié d’une ligne d’avance sur factures de 200 millions de francs CFA. L’établissement bancaire indique que les échéances impayées après plusieurs règlements intervenus entre novembre 2025 et février 2026 s’élevaient alors à 196 628 365 francs CFA, hors intérêts et pénalités éventuels. Deux procès-verbaux de saisie-attribution consultés font aussi apparaître un solde débiteur de 57 277 432 francs CFA auprès de la BSIC Niger et de 31 040 173 francs CFA auprès de la Banque islamique du Niger. Ces documents établissent l’existence d’engagements financiers de la SNS, mais ne permettent pas, à eux seuls, d’attribuer personnellement ces dettes à Yacine Diallo ni d’établir les conditions dans lesquelles elles ont été contractées.

Le différend porte également sur les dividendes. Dans un procès-verbal de conciliation du 29 juillet 2026, le Tribunal de commerce de Niamey rapporte qu’Indattou Alkassoum, associé de la SNS, réclamait des dividendes qu’il affirme ne plus avoir perçus depuis décembre 2020. Le document mentionne des versements mensuels antérieurs et fait état d’une période de 66 mois sans paiement selon les prétentions exposées devant le tribunal. La procédure a finalement abouti à une conciliation entre Indattou Alkassoum et la SNS, représentée par son nouveau gérant Hamadou Dayazi. Le tribunal a donné acte aux parties des termes de leur accord et les a déclarées conciliées.

Le montant indiqué dans la transcription disponible comporte toutefois une discordance entre le chiffre et sa formulation en lettres.

Des versions toujours divergentes

Le fondateur et PDG de la Société nigérienne de sécurité (SNS), Yacine Diallo, a tenu un point de presse le 10 août 2026 dans le cadre du conflit qui l’oppose à ses associés autour de la gestion de l’entreprise. La rencontre avec les médias s’est tenue au siège de la SNS car M. Diallo affirme avoir pris possession de la société, à la suite d’une décision de justice rendue le 14 juillet 2026. Mais cette décision de justice dont il se prévaut n’a pas été communiquée aux médias.

Au cours de son intervention, il est revenu sur les démarches engagées par ses deux associés pour l’écarter de la gestion de l’entreprise ; la contestation d’une assemblée générale et d’un procès-verbal de constat d’huissier qu’il qualifie de « faux ». Il a également évoqué le blocage de son accès aux comptes bancaires de la SNS ; ce qui selon lui, l’a notamment empêché de payer les salaires, les démarches auprès des banques et du personnel ainsi que les mobilisations qu’il dénonce comme ayant contribué à discréditer la direction et l’entreprise. La procédure judiciaire ouverte pour « usurpation de qualité, faux et usage de faux », les conséquences économiques de la crise, avec une perte de « 90 % du portefeuille clients » étaient également au menu du point de presse.  Au-delà du conflit qui oppose les actionnaires, M. Diallo alerte sur la sécurité juridique des investissements de la diaspora et appelle à préserver les entreprises et les emplois créés au Niger.

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Cependant, l’autre partie présente une lecture différente. Elle affirme que les difficultés sont liées à la gestion de l’entreprise, à ses engagements financiers et au non-paiement de dividendes. Elle soutient également que l’assemblée générale de mars 2026 avait été convoquée par Yacine Diallo lui-même. Cette convocation mentionne les points inscrits à l’ordre du jour. Il s’agit de l’examen des états financiers 2023, 2024, 2025 et impacts des actions judiciaires sous le fonctionnement de la société, démission du gérant et décision subséquente à prendre, la vente des parts de M. Yacine Diallo aux actionnaires et divers. Le document de convocation de l’Assemblée Générale existe bel et bien et son authenticité n’est pas contestée. M. Diallo se serait-il fait « harakiri », avant de réaliser la gravité des points inscrits à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale et se rétracter ? Des zones d’ombre existent à ce niveau.

A ce stade, les documents consultés permettent d’établir l’existence d’un conflit entre associés, d’engagements financiers de la société, de changements dans sa gouvernance et d’au moins une procédure ayant abouti à une conciliation. Ils ne permettent pas, en revanche, de déterminer à eux seuls les responsabilités individuelles dans l’ensemble du différend. Une chose est certaine : les deux autres associés de Yacine Diallo ont la réalité du pouvoir et le gérant qu’ils ont nommé exerce normalement ses attributions. Serait-ce la fin de la partie ?

Luna

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