Pays sahélien, le Niger n’échappe pas aux effets du changement climatique. Une situation que vit la population surtout en cette période de pluie, où les risques de pertes en vies humaines et des moyens d’existence sont courants. C’est le cas des riverains du village de Gabgoura situé à une vingtaine de km de la ville de Niamey.
Au Niger, pays qui tire essentiellement ses ressources du secteur agricole, la saison de pluies est une occasion pour les paysans de produire des denrées alimentaires destinées à leur propre consommation et en cas d’excédent à la commercialisation. Mais cette période est aussi porteuse d’inquiétudes liées aux conséquences des pluies diluviennes notamment les dégâts sur le cadre de vie et les moyens d’existence.
Selon le Centre Opérationnel de Veille d’Alerte et de Conduite des Crises (COVACC), la pluviométrie enregistrée le 26 juin 2026 a occasionné d’énormes dégâts au plan national, à savoir la destruction de 130 murs de clôtures, de 160 toits des maisons et infrastructures publiques ainsi que 21poteaux électriques. A cela s’ajoute la perte de 326 têtes de bétail et plusieurs autres dégâts sur les infrastructures scolaires.
Le village de Gabgoura, situé à une vingtaine de kilomètres de Niamey subit ces dernières années les conséquences des phénomènes climatiques, particulièrement les inondations qui sont devenues récurrentes.
Gabgoura est situé sur un versant au niveau de la berge du fleuve Niger. Le village est également traversé par un ruisseau qui quitte la zone du Zarmaganda et traverse la route nationale en direction de Tillabéry. Et un troisième élément vient fragiliser la situation de Gabgoura : l’existence d’une grande marre dans la zone et qui se déverse systématiquement sur le village.

Selon le chef du village, le capitaine à la retraite Adamou Saley, depuis 2024, le problème apparaît à chaque période pluvieuse. Il ajoute que la nappe qui remonte à la surface draine une eau très salée contribuant ainsi à l’effondrement de la plupart des maisons en banco.
Par ailleurs, l’année 2025 n’a pas fait de cadeau aux villageois car plus de 107 personnes ont perdu leurs maisons. L’Etat avait apporté une aide en vivres pour soulager les souffrances des sinistrés. Mais la majorité des pères de familles n’ont pas pu reconstruire les maisons effondrées. Et une équation se pose : faut-il reconstruire en banco dans une zone inondable ou en matériaux définitifs ? La seconde option est la meilleure mais des paysans démunis pourront-ils le faire ? C’est là que devrait intervenir la solidarité nationale et la contribution des Nigériens de la diaspora. Le chef du village a indiqué, qu’au vu de l’urbanisation galopante, il y a de moins en moins des terrains pour délocaliser des personnes qui sont sur les places potentiellement inondables. Pour se protéger et réduire les risques d’inondation les habitants du village ont pris des mesures rudimentaires avec le peu des moyens à leur portée : utiliser des sacs remplis de sables pour construire des diguettes, creuser des tranchées pour permettre l’évacuation des eaux et désensabler les caniveaux qui se trouvent au bord de la voie bitumée qui traverse le village.

A l’instar de Gabgoura, nombreux sont les quartiers et villages riverains du fleuve Niger où les habitants n’ont pas le sommeil tranquille chaque fois que la saison pluvieuse s’installe. Pour se protéger contre ces dégâts et éviter d’être surpris, les populations riveraines des cours d’eau doivent suivre les consignes du COVACC relatives au changement climatique qui est devenu un fléau à l’échelle planétaire, avec ses lots des sinistrés enregistrés chaque année.
Amina Dioffo




















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