Alors que le Niger et ses voisins de l’Alliance des États du Sahel (AES) luttent pour la souveraineté alimentaire, une menace naturelle d’une ampleur rare pointe à l’horizon. Selon le dernier rapport « Desert Locust Watch » de la FAO, l’année 2026 pourrait marquer le retour des grandes invasions de criquets pèlerins, avec le Sahel central en épicentre de la crise estivale.
Les pluies abondantes, tant espérées par nos paysans, pourraient devenir le moteur d’une catastrophe. La mutualisation des effets du dipôle de l’Océan Indien et ceux d’El Niño, la FAO anticipe « un démarrage potentiellement précoce de la saison des pluies au Sahel en juin ».
Au Niger et au Tchad, cette humidité persistante prévue pour juillet et août crée un environnement idéal pour la reproduction intensive des criquets. Ce qui s’annonce comme une excellente campagne agricole pourrait rapidement se transformer en désastre si les essaims venaient à dévaster les jeunes pousses de mil et de sorgho dès le mois de juin.
L’analyse spatiale révèle une dynamique inquiétante. Le Maroc constitue actuellement l’épicentre immédiat avec une « résurgence de reproduction grégaire ». Mais la véritable inquiétude concerne la migration vers le Sud.
En juin, les pluies en Algérie méridionale pourraient déclencher une reproduction précoce. De juin à août, le Niger et le Tchad présentent le risque estival le plus aigu du continent. En juillet, le Mali et la Mauritanie méridionale entreront à leur tour dans la zone de haute vulnérabilité.
L’enjeu n’est pas seulement écologique, il est vital pour nos budgets. La Banque mondiale rappelle qu’en l’absence de contrôle coordonné, les pertes pourraient atteindre 8,5 milliards de dollars à l’échelle des régions touchées. Pour le Sahel, une reproduction estivale précoce pourrait « compromettre la sécurité alimentaire de régions déjà fragiles ».
Grâce à la télédétection, il est désormais possible d’identifier les « zones vertes » propices aux criquets avec une précision inédite. Les modèles de prévision permettent de zoomer sur le nord tchadien ou le sud libyen pour optimiser les pulvérisations ciblées.
L’Afrique possède les outils scientifiques pour transformer ces prévisions en bouclier économique. Ne pas agir dès maintenant, alors que le signal humide est confirmé pour juillet au Niger, reviendrait à ignorer un avertissement clair.




















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