Le Ghana s’apprête à franchir un pas diplomatique majeur. En octobre 2026, le cabinet du président John Dramani Mahama a approuvé la candidature du pays au statut de pays partenaire des BRICS, et non à une adhésion pleine et entière dans un premier temps. Cette annonce, faite par le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, s’inscrit dans la vision d’une « nouvelle économie » fondée sur la diversification des partenariats, l’industrialisation et la création d’emplois.
Les BRICS, regroupant aujourd’hui onze membres à part entière (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Iran, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Indonésie) et plusieurs pays partenaires, représentent un espace de coopération Sud-Sud en pleine expansion. Pour Accra, l’intérêt est clair : formaliser des relations commerciales déjà intensives, notamment avec l’Inde (commerce passé de 3 à près de 7 milliards de dollars), la Chine et les Émirats, et accéder potentiellement à de nouvelles sources de financement pour les infrastructures.
Pourtant, cette orientation suscite des réserves. Hassan Ayariga, fondateur de l’All People’s Congress (APC), a exigé un examen parlementaire approfondi. Il invoque la Constitution de 1992, rappelant que la souveraineté appartient au peuple et que les engagements internationaux importants doivent respecter le rôle du Parlement, notamment en matière de ratification des traités. Il appelle à la transparence sur les implications financières, les obligations et les bénéfices attendus, afin d’éviter de passer d’une dépendance à l’Ouest à une autre à l’Est.
Le gouvernement insiste sur le non-alignement historique du Ghana et sur le fait que cette démarche complète, sans les remplacer, les partenariats traditionnels. Si elle aboutit, le Ghana rejoindrait des pays comme le Nigeria et l’Ouganda dans le cercle des partenaires. L’enjeu reste de conjuguer ouverture économique et respect scrupuleux des institutions démocratiques.























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