Le Sénat algérien a approuvé dimanche 25 octobre 2026 le déploiement de troupes au Niger voisin, une décision rare destinée à « protéger des installations énergétiques ». Selon les informations, 148 des 174 membres de la chambre haute ont voté en faveur de la proposition. L’Assemblée populaire nationale devait se prononcer dans la journée, un vote favorable étant largement attendu.
Ce déploiement constituerait la première intervention militaire algérienne à l’étranger depuis le soutien apporté à l’Égypte lors de la guerre arabo-israélienne de 1973. Une réforme constitutionnelle de 2020 exige en effet l’aval des deux tiers du Parlement pour toute opération hors du territoire national.
La décision s’inscrit dans le renforcement des relations sécuritaires entre Alger et Niamey. Après des mois de tensions liées à un incident avec un drone malien, les deux pays ont rapproché leurs positions. Le Niger, dirigé par le général Abdourahamane Tiani depuis le coup d’État de juillet 2023, fait face à des attaques de groupes armés, notamment près de sa frontière de 960 kilomètres avec l’Algérie. Les deux États ont convenu de lutter ensemble contre le djihadisme, le crime transfrontalier et le trafic.
Le chercheur Abdellah Akir, cité par New Arab, y voit « une rupture historique avec la doctrine algérienne de non-intervention ». Selon lui, l’initiative vise à préserver la profondeur stratégique de l’Algérie au Sahel et à sécuriser le futur gazoduc transsaharien (TSGP), projet majeur destiné à acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le Niger. Elle enverrait également un signal fort à des acteurs régionaux rivaux, dont le Maroc et les Émirats arabes unis.
L’analyste Geoff Porter souligne un changement de méthode : face à un monde multipolaire, Alger passe de la diplomatie pure à une présence physique concrète, tout en restant fidèle à ses principes. Le président Abdelmadjid Tebboune avait déjà affirmé début octobre : « Nous protégerons le Niger quoi qu’il arrive. » Il avait évoqué des intérêts communs dans les secteurs pétrolier et minier.
Cette évolution fait suite à la visite récente du ministre nigérien de la Défense à Alger, à la signature d’un protocole de coopération militaire, au don de quatre hélicoptères de combat et à l’inauguration d’une centrale électrique de 40 mégawatts destinée à alimenter Niamey. En rompant avec une tradition de non-intervention, l’Algérie affirme sa volonté de défendre ses intérêts stratégiques au Sahel tout en consolidant son partenariat avec le Niger.























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