L’Association Nigérienne de Lutte contre la Corruption, Section de Transparency International, a publié une analyse critique de la gouvernance sous le régime militaire du CNSP au Niger. Le document accuse les militaires au pouvoir d’avoir installé une machine répressive contre toute voix discordante, d’étouffer l’économie nationale, de faire reculer la lutte contre la corruption, alors que la sécurité continue à se dégrader.
« Le régime issu du coup d’État de juillet 2023 n’a tenu à aucune de ses promesses ». C’est la conclusion sans appel à laquelle est parvenu le dernier rapport de Transparency International/Niger sur la gouvernance et les droits humains, affirmant que le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) n’a « rien résolu ». Bien au contraire, l’ONG soutient qu’il a « aggravé toutes les crises politiques, économiques, sécuritaires et humanitaires ».
Une machine répressive « bien huilée »
Le rapport détaille l’installation d’un système de répression méthodique. Transparency International souligne que la « machine répressive est bien huilée et en marche », pointant du doigt l’emprisonnement de journalistes, la réduction au silence des défenseurs des droits de l’homme et l’exil ou la disparition d’opposants.L’ONG relève également la modification de lois, notamment sur la cybercriminalité, pour réprimer « toute critique ». Les ordonnances signées par le pouvoir se sont multipliées pour « étouffer toute opposition, dissoudre les partis politiques, museler la presse et compromettre la liberté d’expression, voire de pensée ». Cette situation représente, selon le rapport, « une régression démocratique alarmante », menée sous le prétexte de la « refondation ».
Ce graphique indique que le nombre élevé de journalistes arrêtés explique une volonté systémique de museler la presse indépendante. Les journalistes sont des acteurs clés pour informer le public et exercer un contrôle sur le pouvoir.
Cet environnement crée un effet dissuasif (auto-censure) bien au-delà des individus directement arrêtés. Les médias qui osent critiquer la junte ou rapporter des faits contraires à la narration officielle risquent la fermeture.
Une économie qui « étouffe » et une corruption institutionnalisée
Sur le plan économique, le diagnostic est tout aussi sombre. « L’économie nigérienne étouffe », alerte Transparency International. La dette publique frôle « les 50% du Produit intérieur brut (PIB), alourdie par des prêts opaques comme celui de 400 millions de dollars accordé par la société chinoise CNPC », souligne-t-il.L’ordonnance 2024-05, accordant des exemptions fiscales, est dénoncée comme ayant « ouvert la voie à une corruption à grande échelle ».
Le rapport fustige également la supplantation de la HALCIA par la COLDEFF (Commission de Lutte contre la Délinquance Économique et Financière), jugée moins indépendante. « Des marchés publics opaques [dans les domaines de] l’armement, les infrastructures, [et] l’énergie sont attribués à des sociétés écrans ou à des proches du régime », illustre le document.
L’argument sécuritaire en échec
Le principal motif avancé par les militaires ayant pris le pouvoir le 26 juillet 2023, à savoir : « l’incapacité du gouvernement renversé à assurer la sécurité » serait un échec cuisant. Transparency International estime que la sécurité au Niger s’est « effondrée ». Pour preuve, indique le rapport, « les attaques terroristes se multiplient sur tout le territoire avec des pertes humaines qui sont lourdes : civils, miliciens et militaires sont tués au quotidien par des groupes armés non étatiques ».
Face à ce constat, l’Association Nigérienne de Lutte contre la Corruption/Section de Transparency International Niger en appelle à une solution politique et conclut que seul « le retour à l’ordre constitutionnel et un dialogue inclusif s’imposent pour éviter l’effondrement total du Niger ».
Ismaël Abdoulaye




















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