Le Niger va nationaliser la Somaïr : un tournant pour l’uranium d’Arlit

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La mine d’uranium d’Arlit - Niger © Wikimedia

Le Niger a franchi une étape décisive dans la gestion de ses ressources naturelles en annonçant la nationalisation de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), jusqu’alors détenue à 63,40 % par le groupe français Orano et à 36,60 % par l’État nigérien via la Sopamin. Cette décision, rendue publique en juin 2025, marque la fin d’une collaboration de plus de cinquante ans dans l’exploitation de l’uranium d’Arlit, un site stratégique depuis 1971.

La Somaïr, pilier de l’industrie uranifère nigérienne, exploitait des gisements parmi les plus importants d’Afrique, contribuant significativement à l’économie nationale, bien que les retombées financières pour le Niger aient souvent été jugées insuffisantes par les autorités et la population. Cette nationalisation s’inscrit dans une volonté de reprendre le contrôle des ressources naturelles, un mouvement observé dans plusieurs pays africains face aux multinationales étrangères. Le gouvernement nigérien, sous les militaires au pouvoir depuis 2023, avait déjà révoqué en 2024 le permis d’exploitation d’Orano pour un autre gisement, celui d’Imouraren, signalant une montée des tensions avec la France.

Cette décision soulève des questions sur l’avenir de l’exploitation uranifère au Niger, troisième producteur mondial d’uranium. Si la nationalisation pourrait renforcer la souveraineté économique, elle pose des défis techniques et financiers, notamment en termes de savoir-faire et d’investissements. Orano, qui perd un actif stratégique, pourrait contester cette mesure, tandis que le Niger cherche de nouveaux partenaires, notamment la Russie ou la Chine, pour maintenir la production.

Ce tournant redessine les relations économiques entre le Niger et la France, dans un contexte géopolitique tendu. L’issue de cette nationalisation pourrait influencer d’autres nations riches en ressources cherchant à affirmer leur autonomie.