Exode des catholiques du Niger face à l’avancée djihadiste

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Au Niger, l’avancée des groupes djihadistes a provoqué une crise humanitaire majeure, forçant environ 15 000 des 50 000 catholiques du pays, soit 30 %, à fuir leurs villages, selon le père Mauro Armanino, missionnaire de la Société des Missions Africaines (SMA).

Dans un entretien avec le journal du Vatican, il décrit l’humiliation ressentie par ces agriculteurs, habitués à l’autosuffisance, désormais réduits à dépendre d’une aide sporadique en tant que déplacés internes. Certains, poussés par la dignité et malgré les dangers, tentent de retourner dans leurs villages, risquant leur vie.

La situation est aggravée par une malnutrition généralisée. Le père Armanino rapporte le témoignage d’un catéchiste vivant près de la capitale, Niamey, où les habitants sont encerclés par des hommes armés, incapables de quitter leur ville pour chercher de la nourriture. Ce scénario se répète dans plusieurs zones, rendant la survie un défi quotidien. Avec une population de 26,3 millions d’habitants, majoritairement musulmane (95 %) et comprenant 4 % de religieux ethniques, le Niger est confronté à des tensions exacerbées par l’instabilité politique.

Depuis le coup d’État de 2023, une « culture du silence » s’est installée, muselant la population et les médias. Le père Armanino souligne une nation profondément divisée, marquée par la suspension des partis politiques et les intérêts persistants des partisans de l’ancien régime. Cette crise, mêlant insécurité, déplacement forcé et restrictions politiques, fragilise davantage une population déjà vulnérable. Malgré ces épreuves, la résilience des communautés catholiques, bien que minoritaires, témoigne de leur attachement à leurs terres et à leur foi, dans un contexte où l’espoir d’un retour à la stabilité reste ténu.