Bénin : un coup d’État éclair et raté en moins de cinq heures, le film

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À l’aube de ce dimanche, le Bénin a vécu le scénario que l’Afrique de l’Ouest redoute le plus : une tentative de coup d’État militaire. Entre 3 h et 9 h, deux commandos distincts ont frappé au cœur du pouvoir. L’opération, aussi audacieuse que mal préparée, s’est soldée par un échec total avec une réaction prompte de la garde présidentielle.

Le premier objectif était la résidence privée du président Patrice Talon, dans le quartier huppé de Camp Guézo. Une quinzaine d’hommes en treillis, ont tenté de forcer le portail principal. La Garde républicaine, renforcée depuis les menaces jihadistes au nord, a réagi immédiatement. Les tirs ont duré une vingtaine de minutes. Selon des témoins, deux assaillants ont été tués sur place, plusieurs autres blessés et capturés.

Au même moment, à trois kilomètres de là, un second groupe investissait sans résistance les locaux de la Bénin Télévision (BTV). Tôtlematin, les Béninois allumant leur poste ont découvert un officier qui annonçait froidement que le président Patrice Talon est déchu de ses fonctions. Le message, d’une minute trente, a tourné en boucle pendant près de trois heures.

La réponse des forces loyalistes a été fulgurante. Dès 5 h 30, les unités d’élite de l’armée, appuyées par la police républicaine, bouclaient les axes menant à la télévision et à la présidence. Vers 8 heures, le signal des mutins était coupé. Plus tard, les studios étaient repris sans combat supplémentaire. Selon les informations les putschistes, à court de soutien, se seraient rendus.

Autour de 11 heures, le ministre de l’Intérieur Alassane Séibou, costume sombre et mine grave, prenait l’antenne sur les ondes de la BTV, pour clore la crise :

« Béninoises, Béninois,
Chers compatriotes,

Au petit matin de ce dimanche 7 décembre 2025, un groupuscule de soldats a engagé une mutinerie dans le but de déstabiliser l’État et ses Institutions.
Face à cette situation, les Forces Armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre.
Aussi, le Gouvernement invite-t-il les populations à vaquer normalement à leurs occupations.
Je vous remercie. »

Des sources parlent de « moins d’une trentaine » de militaires impliqués dans cette action plutôt osée.

Quelques minutes plus tard, les marchés rouvraient, les églises n’avaient pas arrêté le service dominicale, et les réseaux sociaux béninois se remplissaient de messages de soulagement mêlés d’ironie : « On a eu droit à un coup d’État express, même pas le temps de faire le café. »

De son côté, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a assuré de son soutien au Bénin après avoir condamné cette tentative de coup d’État. Elle a également assuré qu’elle était prête à déployée sa force en attente pour soutenir l’armée béninoise.

Reste une question lourde : qui a pu penser qu’en 2025, prendre la télévision suffirait encore à renverser un régime ? Le Bénin, en neutralisant cette tentative en un temps record, a peut-être donné la leçon la plus claire : les coups d’État appartiennent au passé. L’autre question qui, même si elle n’est pas posée ouvertement actuellement à Cotonou, c’est de savoir : qui sont les commanditaires de cette tentative de putsch ?