L’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP) a émis un communiqué enjoignant aux fournisseurs d’accès à Internet via les kits Starlink de régulariser leur situation sous peine de sanctions pénales et financières sévères. Une décision qui menace directement le modèle économique informel de « wifi zone » qui s’est rapidement développé dans le pays.
Dans son communiqué, l’ARCEP rappelle que la fourniture des services Internet est soumise à une autorisation d’exercice, conformément à la loi de 2018. Les contrevenants s’exposent à des amendes comprises entre 30 et 60 millions de FCFA et à des peines d’emprisonnement allant de 3 mois à un an. La date limite pour se mettre en conformité a été fixée au 3 octobre 2025.
Cette activité, qui emploie de nombreux jeunes et améliore significativement la connectivité dans les zones reculées, se trouve ainsi sous la menace d’un arrêt brutal.
Des réactions contrastées face à la décision
Pour une régularisation nécessaire, l’informaticien Moutari Oumarou souligne que l’ARCEP avait prévenu des règles dès l’arrivée de Starlink. « Toute personne qui désire commercialiser l’Internet doit se conformer à la réglementation en vigueur, comme les opérateurs mobiles qui ont acheté des licences », a-t-il indiqué.
Du côté des défenseurs des consommateurs, Amadou Dan Kori estime que « l’ARCEP n’a pas suffisamment sensibilisé les gens sur l’utilisation de Starlink » et que « cette réglementation stricte ne favorise pas l’employabilité des jeunes ».
Pour une taxation juste, Abdoul Wahab, un habitant de Zinder, reconnaît la légitimité de l’État à taxer cette activité génératrice de revenus, mais insiste sur la nécessité de « prendre en compte la capacité des fournisseurs pour les taxer ».
Un délai et des procédures jugés problématiques
Malam Hassan, utilisateur de Starlink, estime que « ce délai est insuffisant » pour que les centaines de petits opérateurs se mettent en règle. Beaucoup risquent de fermer, affectant directement les utilisateurs.
Un autre obstacle majeur est la centralisation des démarches : les fournisseurs doivent obtenir leur autorisation uniquement au bureau national de l’ARCEP à Niamey, une contrainte importante pour ceux qui sont dans les autres régions du pays.
Un enjeu de connectivité nationale
L’arrivée de Starlink au Niger avait été perçue comme une révolution, apportant un haut débit fiable des rives du Niger aux confins du Ténéré. Le risque de fermeture massive des points d’accès informels pose la question de l’accès à Internet pour de nombreuses populations et entreprises qui dépendaient de ce service, remettant en cause les progrès récents en matière de connectivité.
La balle est désormais dans le camp des fournisseurs et de l’ARCEP pour trouver un équilibre entre régulation, fiscalité et accès universel au numérique.
Ismaël Abdoulaye




















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