Base de Madama au Niger: La France s’en va !

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Le Niger n’est-il plus en odeur de sainteté avec la France? La question est sur toutes les lèvres depuis l’annonce de la « mise en sommeil » de la base Madama, au nord du pays, à près de 80 kms de la frontière libyenne. 

Rien ne pouvait faire croire à un tel scénario, quelques jours auparavant. Tant les attaques terroristes allaient en s’aggravant dans les « zones grises » que le Niger partage avec ses voisins du Mali et du Burkina Faso.

L’installation de cette base annoncée en 2014 a été soutenue, vaille que vaille par l’Etat français qui piaffait d’impatience, à mettre le Niger et le Mali sous son parapluie sécuritaire.

Madama, était promise pour contrecarrer les menaces qui se projettent sur l’Europe à partir de Toummo et Salvador, avaient toujours soutenu les autorités françaises de François Hollande jusqu’à Macron. L’ambition était surtout de mettre le Niger sous son parapluie sécuritaire de l’armée française.

Guerre d’influence au sein du pré carré français

La France était le premier pays à arracher l’autorisation d’ouvrir une base sur le territoire nigérien. Peu de temps après les Etats-Unis allaient leur emboîter les pas, en y érigeant la plus grande base aérienne du continent.

Plus tard des pays comme l’Italie et l’Allemagne vont y être aussi autorisés. D’autres pays y interviennent déjà dans le cadre des opérations d’Eucap Sahel, à travers une mission civile.

Depuis lors, ce qui fut le pré-carré de la France depuis les années postcoloniales, allait devenir une zone-pivot que se partagent et se disputent même plusieurs grandes puissances, tant les enjeux géopolitiques sont de si haute importance.

Raisons inavouées…

Sans regretter cette décision de l’armée française, l’immense majorité des nigériens s’interrogent sur les vraies raisons qui ont poussé l’armée française à « plier bagage », si c’est bien de cela il s’agit.

Ce départ inattendu de Madama n’est certainement pas lié à l’appel de la société civile nigérienne qui, exige depuis un moment « le départ des troupes militaires étrangères », à travers des manifestations de rues.

Il n’est pas non plus lié à une victoire de la France et ses alliés sur les groupes armés qui sévissent au nord du Niger et à ses frontières avec le Mali et le Burkina Faso.

C’est qui évident, l’armée française, à l’instar d’autres pays qui ont des troupes sur place, a mis des gros moyens financiers pour installer ses soldats sur des endroits stratégiques au sahel.

Pour le moment, Paris invoque à l’appui de sa décision, les conditions d’entretien de ses engins de guerre et ses troupes,de plus en plus difficiles, du fait de la zone désertique aggravée par d’autres agressions climatiques, indique-t-on. La France note en outre, le coût élevé de la facture qu’elle prend en charge toute seule.

Les raisons de la « mise en sommeil »sont prises avec beaucoup de prudence dans les milieux politiques et en particulier chez les acteurs de la société civile.

Pour un analyste des questions sécuritaires au Sahel, le retrait de la France de la base de Madama n’a rien à voir avec une quelconque incompréhension entre Paris et Niamey. Les rapports entre la France et le Niger sont des plus cordiaux, ajoute-t-il.

Selon une information récemment parue dans la « Lettre du Continent », Abou Dhabi, qui cherche depuis plusieurs mois à avoir une position militaire au Niger, pourrait bien « remplacer Paris » au niveau de cette base de Madama.

Une autre information rapportée sur le site du journal français « Libération » fait cas de la signature « d’un accord par le Niger » permettant « l’installation sur son sol d’une base des troupes des Emirats arabes unis.

Les Emirats sont engagés en Libye aux côtés de l’homme fort de la Cyrénaïque dans sa guerre contre le gouvernement de Tripoli, rapporte la « Lettre du Continent », alors que Ankara parraine politiquement Fayez Al Sarraj, premier ministre du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

L’acquisition de cette base par les Emiratis pourrait faire l’affaire du Maréchal Khalifa Haftar qui en fera un poste avancé stratégique pour la conquête du sud libyen, interprète la « Lettre du Continent ».

La base de Madama est dotée d’une piste d’atterrissage d’environ 2 kms et de plusieurs sources d’eau souterraine.

Un départ qui arrange les terroristes !

Cette position militaire était censée permettre de surveiller les sources de ravitaillement des terroristes et contrôler toute l’économie criminelle qui se développe dans la zone.

C’est un secret de polichinelle, la présence de toutes les bases étrangères n’a pas freiné le cours des attaques terroristes au Niger et dans les autres pays voisins du Niger. C’est dans ce contexte que la fermeture de Madama intervient, une situation que ne manquent pas d’exploiter les groupes armés et leurs complices trafiquants de drogue.

Le ministre nigérien de la défense, Kalla Moutari assure que la situation sécuritaire est sous contrôle dans cette zone précise.

Le retrait de l’armée française de Madama intervient comme par hasard à un moment où trois multinationales majoritairement françaises ont fait le choix de fermer boutique.

Il s’agit de France Télécom qui laisse sa licence globale de téléphonie, de la Compagnie qui exploite l’uranium depuis les années soixante-dix et de la société de la brasserie. Certains ont fait le lien avec la situation sécuritaire du pays.

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