AG de « Tournons La Page » à Niamey: La « bonne gouvernance » et « l’alternance démocratique » au centre des échanges

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Plusieurs défenseurs des droits de l’Homme et de la démocratie, venus de divers coins du monde prennent part à l’Assemblée internationale de la Campagne « Tournons La Page » qui se tient à Niamey depuis ce lundi 01 juillet et ce jusqu’au 7 juillet prochain.

En tant que mouvement international, la Campagne « Tournons La Page » milite depuis son lancement en octobre 2014, en faveur de la construction d’une opinion internationale autour de la défense des droits de l’Homme, de l’alternance démocratique et la bonne gouvernance, en Afrique.

La campagne TLP, dira son coordonnateur national au Niger, Maikoul Zodi, « est initiée par des acteurs jaloux des valeurs de l’Afrique » et qui « souhaitent  contribuer à créer les conditions d’une véritable démocratie populaire » pour que les voix des peuples ne soient plus « confisquées ».

Il a souligné dans le même ordre d’idée que la campagne TLP est « animée d’un esprit non-partisan ». Celle-ci relaie des actions pacifiques pour la « promotion de la démocratie » aux côtés de 250 organisations de la société civile, a-t-il ajouté avant de se réjouir du choix porté sur le Niger pour abriter la première Assemblée générale mondiale.

Prenant part à cette rencontre de Niamey, Laurent Duarté, coordinateur internationale de la Campagne TLP, a salué la « capacité de résilience » des défenseurs des droits de l’Homme et de la démocratie qui se battent au prix de la « privation » de liberté. M. Duarté a rappelé le cas de l’acteur de la société civile Saddat Illya, toujours détenu en prison à Zinder.

Les défis les plus retentissants

Les défis qui attendent les membres de la campagne TLP sont énormes, tant la situation des droits de l’Homme et de bonne gouvernance reste très préoccupante dans de nombreux pays.

« Alors que la Mauritanie s’enfonce dans une nouvelle crise post-électorale dont le continent à tant souffert, les pouvoirs en place en Guinée et en Côte-d’Ivoire préparent, au mépris de la constitution et de la volonté de leurs peuples, leur maintien au pouvoir », a alerté le patron de la campagne TLP ».

Il a cité l’exemple de Burundi, où le régime a « fait fuir ou assassiner toutes les voix critiques » et se « prépare à une nouvelle mascarade électorale en 2020 ».

Le cas du Niger, « où une loi électorale votée la semaine passée sans l’approbation de la société civile ou de l’opposition » a retenu l’attention de Laurent Duarté qui précise que cette situation « n’augure rien de bon pour les élections à venir en 2021 ».

Il épingle également le cas du Tchad où selon lui, « Idriss Deby a transformé le système politique en une monarchie républicaine, retardant sans cesse la tenue des élections législatives », sous le regard complice « d’une communauté internationale aveuglée par son obsession sécuritaire et migratoire », regrette Laurent Duarté.

« En RDC, la cohabitation négociée, au mépris du choix des Congolais, a considérablement diminué le peu de légitimité dont jouissaient les institutions chargées de la régulation de la vie civique et démocratique », va-t-il ajouté, avant de citer l’exemple du « Cameroun, meurtri par deux guerres et où l’espace civique est réduit à peu de chagrin, la fin du régime crépusculaire de Paul Biya laisse craindre le pire ».

Au Soudan et en Algérie des régimes sclérosés sont durablement ébranlés par la force d’un mouvement structuré et pacifique, mentionne-t-il au passage, avant de saluer l’exemple des combats menés au Gabon, au Congo, au Burundi, en RDC,au Togo, où les membres de sa coalition luttent depuis 2015 aux côtés des peuples qui réfutent « les mascarades électorales et le détournement des instruments politiques au profit d’une élite prédatrice au pouvoir depuis trop longtemps ».

« loi sur la cybercriminalité » ou alibi pour réprimer la liberté de penser?

Le coordinateur international du mouvement TLP a fait cas dans son allocution des « lois sur la cybercriminalité », derrière lesquelles se cachent les dictateurs du continent « pour museler la liberté d’expression des citoyens « .

Le Niger fait désormais partie de ces pays où cette trouvaille permet désormais aux dirigeants hostiles aux critiques contre le régime en place de réprimer gratuitement les citoyens, sous le couvert de la lutte contre « l’atteinte à la sûreté de l’Etat », mise en avant dans cette loi sur la cybercriminalité.

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