Violences dans le cercle de Bandiagara : 35 personnes tuées, 60 autres portées disparues

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Au Mali, 35 personnes dont 24 enfants ont été tuées et 60 autres sont portées disparues lors d’une attaque contre le village de Sobanou-Dah perpétrée par des individus armés non identifiés dans la nuit du 9 au 10 juin 2019.

Selon un communiqué du Gouvernement malien du 12 juin, au total 9 blessés dont 4 enfants ont été enregistrés. Une vingtaine de cases et une trentaine de greniers ont été incendiées.

Situé à 43 km au nord-est de la ville de Bandiagara, région de Mopti dans le centre du Mali, le village de Sobanou-Dah « comptait environ 429 personnes avant l’attaque », indique le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) au Mali. « Plus de 330 personnes parmi les rescapés se sont déplacées vers le cercle de Koro », ajoute la même source.

Le 10 juin dernier, une autre attaque s’est produite dans le village de Djoumbo-Peulh, dans le cercle de Bandiagara. « Cette attaqua a entrainé le déplacement d’environ 500 personnes dont 310 enfants vers Sévaré », rapporte OCHA.

OCHA rappelle que depuis plusieurs mois, les incidents sécuritaires dans la région de Mopti sont récurrents et continuent d’affecter de plus en plus de civils. « Les populations sont parfois réticentes à l’idée de se déplacer à cause de l’insécurité, limitant fortement l’accès aux soins de santé de base et impactant durement sur les conditions de vies », explique la même source.

Situation humanitaire alarmante
Aujourd’hui, estime OCHA, la crise humanitaire provoquée par les conflits a atteint seuil alarmant et sans précédent.

Combinées aux besoins humanitaires inhérents à la période de soudure agricole actuelle, les conséquences des conflits créent une augmentation du nombre de personnes ayant besoin d’assistance d’urgence dans le centre du pays.

Selon les analyses du Cadre harmonisé de mars 2018 rapportées par la même source, plus de 312 000 personnes, soit 56% de la population touchée dans le pays sont en situation de crise d’urgence alimentaire à Mopti (256 000) et Ségou (56 000 personnes).

La même source prévient par ailleurs que plus d’un million de personnes dans le centre sont à risque d’insécurité alimentaire et pourraient basculer dans la phase de crise ou d’urgence au moindre choc.

Ressources financières limitées, besoins humanitaires croissants
Face aux besoins humanitaires de plus en plus croissants dans les zones touchées, les ressources financières disponibles restent très limitées. Selon OCHA, seulement 22% des 296 millions de dollars recherchés à travers l’appel de fonds humanitaires pour 2019 sont mobilisés à ce jour.

Soins de santé, vivres, biens non alimentaires (habits, ustensiles de cuisine, kits de dignité, couchettes …), eau potable et produits d’hygiène et d’assainissement ainsi que des abris, sont entre autres besoins prioritaires identifiés des rescapés et des personnes déplacées à la suite des évaluations rapides conduits par les autorités maliennes et humanitaires.

Toutefois, le gouvernement malien et des partenaires humanitaires comme l’OMS, l’UNICEF, COOPI, le PAM, l’OIM et le HCR ont apporté leur assistance aux rescapés et aux personnes déplacées.
Sani Aboubacar

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