Crise politique : l’Union africaine suspend le Soudan avec effet immédiat

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L’Union africaine (UA) suspend le Soudan avec effet immédiat depuis ce jeudi 6 juin 2019 jusqu’à l’établissement effectif d’une autorité civile de transition dans le Pays. C’est le Conseil de paix et de sécurité de l’UA (PSC) qui annonce la décision en réclamant “ l’établissement effectif d’une autorité civile de transition’’.

Le pays est suspendu à toutes les activités de l’UA pour cause du refus de la junte militaire à transférer le pouvoir aux civils.

En annonçant la sanction, le PSC de l’UA dit que “ la suspension est le seul moyen de permettre au Soudan de sortir de la crise actuelle ’’. “ Le Conseil imposera automatiquement des mesures punitives sur les individus et les entités qui ont empêché l’établissement d’une autorité civile ”, a précisé en conférence de presse le Sierra-Léonais Patrick Kapuwa, président en exercice du PSC.

La République du Soudan est confrontée à une escalade de la violence depuis le renversement du président Omar Al-Bachir le 11 avril 2019 par des militaires.

C’est pour améliorer la situation que l’UA met en exécution sa menace de suspendre le pays de l’organisation panafricaine. Une menace qui planait depuis le début de la crise qui oppose civils aux militaires dans les rues de Khartoum, épicentre des contestations. Alors que l’UA plaide pour un transfert rapide du pouvoir des militaires aux civils.

Le 15 avril 2019, quatre jours plus tôt après le renversement du président Omar Al-Bachir, l’UA avait donné quinze jours pour que le pouvoir soit transféré aux civils.

Elle avait réitéré cet ultimatum en donnant un nouveau délai de soixante jours aux militaires pour remettre le pouvoir aux civils début mai 2019. Sous la pression de la Communauté internationale, elle finit par mettre sa menace en exécution ce jeudi 6 juin 2019 en suspendant le pays de toutes ses activités.

Cette crise politique va crescendo de mal en pis en végétant le Soudan dans une tension politique exécrable qui vire à des répressions sanglantes faisant plusieurs morts. Le sit-in de civils organisé devant le quartier général de l’armée a été très violemment dispersé le lundi 4 juin 2019 à Khartoum.

Selon un comité de médecins proches de la contestation, au moins 108 personnes ont été tuées et plus de 500 ont été blessées en trois jours, pour la plupart dans la dispersion brutale du sit-in, rapporte Le Monde Afrique.

Un « massacre » perpétré par des « milices » du Conseil militaire selon ce groupe de professionnels et qui a été vivement dénoncée par la communauté internationale, notamment l’ONU, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Les autorités, elles minimisent l’ampleur de la répression. Dans un premier bilan officiel, le ministère de la Santé a affirmé jeudi 6 juin, que le bilan des victimes de la répression depuis lundi n’avait « pas dépassé 46 ».

Le Forum des éditeurs africains (The African Editors forums-TAEF) se joint également tous les africains et la communauté internationale pour condamner ces actes de violence barbares et les meurtres commis par “ les militaires sur des manifestants pacifiques et non armés ’’, dans une déclaration publiée ce jeudi.

Source: www.africardv.com

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